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Orchestre national de Lille à Bruxelles, l’effet Karabits !

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 23-X-2009. Lu Wang (née en 1982 : Wailing ; Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : concerto pour piano et orchestre n°3 en ré mineur, Op. 30 ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : symphonie n°6 en si mineur, Op. 54. Nikolai Demidenko, piano ; Orchestre national de Lille, direction : Kirill Karabits.

Affluence des grands soirs au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles pour la venue annuelle de l’ dirigé par le jeune .

Né en 1976 et tout frais Directeur musical de l’orchestre anglais de Bournemouth (depuis septembre dernier) où il succède à , le jeune musicien marque par son charisme et son engagement. L’artiste a galvanisé un , conquis et heureux de jouer sous une battue, qui fait sonner les pupitres avec générosité et panache. Karabits c’est une manière de faire jouer l’orchestre avec un son galbé et puissant allié à une optique assez brute qui décuple les dynamiques. La symphonie n°6 de Chostakovitch qui clôturait le concert, fut emportée de bout en bout par une rage de jouer. Cette optique plus instrumentale que vécue, s’avère cohérente et stylistiquement juste et le chef peut s’appuyer sur des vents et des percussions déchaînées. Le long premier mouvement évite tout alanguissement et les deux mouvements rapides finaux, arrachés à l’énergie, soulèvent les musiciens et le public d’enthousiasme. Le chef surprend tout le monde en refaisant jouer les dernières mesures de la partition.

Remplaçant Plamena Mangova souffrante, le solide fit usage de d’une puissance assez phénoménale dans le concerto n°3 de Rachmaninov. Certes, l’œuvre est réservée aux athlètes du clavier, mais Demidenko, ne fait pas dans la demie-mesure, avec une approche très terre à terre et exclusivement virtuose. On n’échappe pas à quelques facilités, ni accords bien cognés, mais l’artiste sait imposer une lecture convaincante qui renvoie aux grandes légendes pianistiques du passé. L’orchestre, heureux de rivaliser et d’accompagner un musicien aux doigts d’acier, sonne avec générosité et amplitude sous la direction attentive du jeune chef.

L’ouverture du concert revenait à la jeune compositrice , lauréate 2008, du prix Tactus. Sa pièce Wailing («gémissements») répond à un programme narratif tiré d’un souvenir personnel de son enfance. Cette partition qui parfois évoque Messiaen dans ses interventions de vents, témoigne d’une belle maturité instrumentale et d’un indéniable potentiel.

Crédit photographique : © Yuri Shkoda

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