Barbara Femme de feu et de rage !

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Barbara Strozzi (1619-1677) : Lagrime mie ; Priego ad amore ; Che si può fare ; Silentio nocivo ; Vecchio amante ; L’usignuolo ; L’amante modesto ;
Claudio Monteverdi (1567-1643) ; Hor che ‘l ciel e la terra ; Sí ch’io vorrei morire ; Sigismondo d’India (1580-1629) ; Dispietata pietate ; Cappella Mediterranea ; Direction : Leonardo García Alarcón. 1 CD Ambronay AMY020 ; Code barre : 3 760135 100200 ; Enregistré en octobre 2008 en l’Abbaye d’Ambronay ; Textes en français, allemand, italien, anglais. Durée totale : 60’03

 

Il est des noms qui réparent certaines indélicatesses de l’histoire musicale. venge toutes les femmes compositrices bafouées, car son nom rayonne au plus haut, tout à côté des plus grands madrigalistes italiens. Cantatrice virtuose, compositrice douée elle a publié une centaine d’œuvres, madrigaux, motets, airs, chansons mais surtout des cantates à voix seule. La plupart des textes sur lesquels elle a composé sont de son père, le très doué Giulio Strozzi.

Ce CD met en lumière le génie de la compositrice en l’opposant aux œuvres de Monteverdi et . Le résultat est tout à l’honneur de la dame qui se voit décerner le prix de l’originalité. On se souviendra longtemps du cri, oui un cri musical mais un cri de douleur, qui ouvre lagrime mie. Celine Scheen de sa voix souple irradie la douleur nue de l’âme amoureuse face à la mort de l’être aimé. La vocalise orientalisante, avec sa seconde augmentée, évoque les comptoirs byzantins lointains de Venise. Ce voyage à travers les affres de la passion amoureuse est à la fois poignant et doux. La palme revient aux dames, portes paroles de elle-même. La deuxième cantate à voix seule, Che si può fare, est peut être encore plus belle, avec sa superbe introduction instrumentale. y distille le texte très beau du père de la belle Barbara Strozzi et aucun piège vocal ne la surprend. Ces deux cantates sont les plus belles perles car les surprises y sont nombreuses, allant jusqu’à évoquer la hardiesse un peu rude de Gesualdo.

Tout mérite dans cet enregistrement la plus fine attention d’une écoute émue, alliant textes et musiques indissociablement liés. Les interprètes, chanteurs comme instrumentistes sont splendides. Ce très beau programme, agréablement construit, est tout à la gloire de la virtuosissima compositrice qui a complètement intégré l’art de la seconda pratica de Monteverdi sans oublier les audaces de Gesualdo et le charme de . La prise de son favorise les voix solistes car la réverbération nuit un peu à la précision d’écoute des diverses voix dans les madrigaux.

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