4 éléments – 4 saisons, concert chorégraphique de Juan Kruz Diaz de Garaio Esnaola

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4 éléments – 4 saisons, un concert chorégraphique. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Le quattro stagioni ; Jean-Féry Rebel (1666-1747) : Les éléments. Juan Kruz Diaz de Garaio Esnaola, direction, chorégraphie et danse ; Midori Seiler, violon solo ; Akademie für Alte Musik Berlin, direction : Clemens-Maria Nuszbaumer et Georg Kallweit. Réalisation : Brigitte Kramer et Jörg Jeshel. 1 DVD Harmonia mundi HMD 9909026. Code barre 7 9488192409 7. Enregistré au Radialsystem V, Berlin, les 17 et 18 novembre 2008. NTSC 16/9, son PCM Stéréo 2. 0, DTS 5. 1. Toutes zones. Notice trilingue (français-anglais-allemand). Durée : 1h18’.

 

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Pour leur troisième collaboration avec la compagnie de danse Sacha Waltz & Guests, l’Akademie für Alte Musik Berlin présente un «concert chorégraphique» dans le cadre industriel et lumineux du Radialsystem V à Berlin.

Sur la musique remarquable des Éléments (1737) de , l’omniprésent propose un jeu de scène où le danseur mêle son espace à celui des musiciens, ou peut-être est-ce l’inverse. Une prise de son pleine et précise dégage l’énergie de l’ensemble berlinois, et le danseur basque ne quitte plus l’image, évoquant la musique et ces «éléments» par une gestuelle très brute, très première (sans doute cohérente pour des «éléments»), où la terre montre la terre, l’eau montre l’eau, le souffle montre l’air, où les oiseaux sont rappelés par des gestes de vol… Une performance physique captivante… Parfois trop… Pour une caméra décortiquant chaque muscle, chaque contorsion, et quelques musiciens par-ci, par-là… Peu de plans larges pour cette vision multiple en soi, un montage relativement serré, qui ne donne que très rarement une vision d’ensemble recevable. Toute la difficulté d’un spectacle filmé, qui ne peut pas être qu’un plan fixe sur le disque, et qui ne rend qu’un regard unique, parfois très marqué…

De l’étonnant chaos de Rebel aux célèbres Saisons de Vivaldi où la chorégraphie devient plus légère, parfois drôle, en contraste avec le corps torturé, à peine éclot, de l’univers précédent. L’orchestre entre littéralement dans la danse — dès la Chaconne finale de Rebel, à vrai dire — et se tourne, et se couche, et s’embrasse… La soliste, , une feuille au bout de l’archet (avant tous les autres), lie son destin scénique à celui du danseur qui ne cessera de l’accompagner jusqu’à la fin. Elle parvient à rester brillamment impassible, malgré les assauts répétés du danseur, qui la porte, la fait tournoyer, la recouvre d’un peu de tout, sans qu’elle ne s’arrête jamais de jouer…

L’orchestre est pulvérisé par la chorégraphie, mais se retrouve pourtant remarquablement en musique ; l’atmosphère est encore très explicative (l’automne, par exemple, ne sera que feuilles mortes, un ensemble en chasseurs et fusils, un violon solo comme un gibier criblé d’archets, avant l’hiver et sa neige), et les musiciens se couvrent la tête d’un peu de tout à leur tour. Si les mouvements de l’orchestre ne permettent pas toujours la vivacité instrumentale que l’on retrouve ordinairement dans ces pièces, l’intérêt semble ailleurs, quelque part dans un ensemble multiplié par le chatouillement des sens, et pas dans une version de référence.

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