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Anton Bruckner par Volkmar Andreae

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Anton Bruckner (1824-1896) : intégrale des symphonies et Te Deum. Emmy Loose, soprano ; Hildegard RösselMajdan, alto ; Anton Dermota, tenor ; Gottlob Frick, baryton ; Alois Forer, orgue. Singverein der Gesellschaft der Musikfreunde Wien, Wiener Symphoniker, direction : Volkmar Andreae. 1 coffret de 9 CD Music&Arts. Référence : CD 1227. Code barre : 0 17685 12272 9. Enregistré en concert entre janvier et février 1953. Notice de présentation en : anglais et allemand. Durée 9h25

 

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Music&Arts édite un coffret passionnant, reflet d’un temps où était mené promptement, de manière altière et conquérante !

Bien oublié de notre époque, le chef d’orchestre suisse était de ces brucknériens de la haute-époque : les Oswald Kabasta, Sigmund Von Hausseger ou Hermann Abendroth ; artistes qui emportaient les symphonies de Bruckner dans un maelström orchestral déchaînant les ouragans les plus inconcevables. Ce Bruckner prend sa source dans Beethoven, Brahms et Schubert ; il respire un parfum des campagnes de Haute-Autriche avec ses paysans bourrus qui festoient après les rudes travaux des chants. La pâte orchestrale est incontestablement râpeuse et rugueuse et les tutti arrachent l’auditeur à son siège. C’est du grand, du très grand Bruckner…

Né à Berne, en juillet 1879, naît dans un milieu musical : ses parents sont des amis de Brahms. L’apprentissage du jeune homme est placé sous ce signe de Brahms, autant à la maison que lors d’un perfectionnement à Cologne auprès du professeur Franz Müllner. Comme tout chef de l’époque, l’artiste apprend son métier à des postes subalternes mais essentiels : il devient répétiteur à l’opéra de Munich avant de conduire des chœurs à Zurich et Winterthur. Le grand choc se réalise en 1902 : dirige, à Zurich, une exécution de la symphonie n°3 de Bruckner. Fasciné, Volkmar Andreae, s’imposera toute sa vie comme un inlassable avocat de Bruckner, à une époque où le compositeur est peu connu en dehors de l’Autriche. Sa carrière prend également un élan important : en 1906, il est désigné directeur musical de l’orchestre de la Tonnhalle de Zurich (il restera en poste jusqu’en 1949 ! ). Progressivement, le chef d’orchestre devient un pilier de la vie musicale suisse : il dirige le conservatoire de Zurich (1914-1939) et assure la conduite de l’Union musicale suisse (1920-1925). Bruckner est au centre de ses saisons : il donne les premières auditions suisses des symphonies n°4 (1909) et n°9 (1907), offre des intégrales de ses symphonies (il est alors le premier chef à diriger toutes les symphonies) et dirige, dans son fief de Zurich, trois symphonies par saison. Le chef est également à donner des concerts à Vienne à la tête du philharmonique ou du symphonique de sa ville. Mais son côté casanier, lui fait renoncer à de longs voyages et à d’autres prestigieuses invitations. Il enregistre également quelques disques pour Decca, mais il passe après les autres gloires d’alors de la firme anglaise Eduard van Beinum ou Hans Knappertsbusch et surtout Georg Solti…L’artiste s’éteint, en 1962, à Zurich. Par ailleurs, l’approche brucknérienne de Andreae s’appuie sur les éditions les plus fiables (à l’exception de la symphonie n°8) et il refusait de donner les nombreuses versions tronquées et modifiées que pratiquaient la plupart des chefs d’orchestre d’alors !

Music&Arts, en collaboration avec la radio autrichienne édite la captation radio du cycle complet réalisé à Vienne entre janvier et février 1953. Le son est assez satisfaisant, pour une prise de concert de cette époque, et rend justice aux dynamiques. L’ que l’on a connu particulièrement débrayé et indiscipliné à cette période (il suffit d’écouter les concerts avec Klemperer édités chez Orfeo) est galvanisé par la battue du chef et fonce tête baissée. Le premier choc réside dans la rapidité des tempi, l’ensemble est arraché à l’énergie et avec un tonus incroyable. La symphonie n°5 est bouclée en moins septante minutes (soit près de 5 minutes de moins que le récent disque de Philippe Herreweghe qui pourtant ne traîne pas ! ). Mais même en conduisant ses troupes à un train d’enfer, Andreae conserve l’impact vertical et dramatique de cette musique alors qu’il parvient à faire chanter, danser et virevolter les scherzos. Les immanquables trios sont ainsi cernés avec légèreté, finesse et sens de la pulsation ! Toutes les symphonies sont emportées par cette conception épique et captivante. Ce Bruckner, plus terrien que spirituel et abandonné, s’avère donc un chaînon essentiel de l’histoire de l’interprétation de Bruckner.

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Anton Bruckner (1824-1896) : intégrale des symphonies et Te Deum. Emmy Loose, soprano ; Hildegard RösselMajdan, alto ; Anton Dermota, tenor ; Gottlob Frick, baryton ; Alois Forer, orgue. Singverein der Gesellschaft der Musikfreunde Wien, Wiener Symphoniker, direction : Volkmar Andreae. 1 coffret de 9 CD Music&Arts. Référence : CD 1227. Code barre : 0 17685 12272 9. Enregistré en concert entre janvier et février 1953. Notice de présentation en : anglais et allemand. Durée 9h25

 
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