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Tannhäuser à Bonn, maladresses et effets faciles

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Bonn. Oper. 08-XI-2009. Richard Wagner (1813-1881) : Tannhäuser, opéra en trois actes sur un livret du compositeur. Mise en scène : Klaus Weise. Décors : Martin Kukulies. Costumes : Fred Fenner. Lumières : Thomas Roscher. Chorégraphie : Nick Hobbs. Avec : Scott MacAllister, Tannhäuser ; Ingeborg Greiner, Elisabeth ; Magdalena Anna Hofmann, Venus ; Lee Poulis, Wolfram ; Alexei Antonov, Hermann ; Mirko Roschkowski, Walther von der Vogelweide ; Götz Seiz, Biterolf ; Mark Rosenthal ; Heinrich der Schreiber ; Martin Tzonev, Reinmar von Zweter ; Anna Virovlansky, Ein junger Hirt. Chœur de l’Opéra de Bonn (chef de chœur : Sibylle Wagner). Beethoven Orchester Bonn, direction : Stefan Blunier

Tout commence par un geste ostensible : un chevalier, tout de noir vêtu, partage en deux une femme nue. L’une, se couvrant pudiquement, s’en va en priant, l’autre, toujours nue, mime la prostituée. Non, le nouveau Tannhäuser à l’Opéra de Bonn ne se perd pas en subtilités. Dans un décors froid et sans charme, souvent mal éclairé, cultive un théâtre aux images démonstratives et aux effets faciles. Vénus est vêtu de blanc, Elisabeth se présente en rouge et les hommes en noir. Beaucoup de peau nue au «Venusberg», mais la sensualité n’est point au rendez-vous. Lorsque Tannhäuser évoque Vénus au deuxième acte, celle-ci apparaît en personne. Et à la fin, elle se couche sur le cercueil d’Elisabeth. Femme fatale et femme fragile, et oui, nous l’avons compris !

Entre-temps, le metteur en scène accumule les maladresses. Ainsi, pour leur première entrée, les pèlerins (tous vêtus par Jack Wolfskin !), portent un drapeau qui les empêche de marcher correctement. Lors de sa première entrevue avec Tannhäuser, Elisabeth se cache sous un banc – pour ensuite demander au chevalier de se relever. Et au moment de la fameuse entrée des hôtes, le chœur doit monter sur ces mêmes bancs. Soucieux de ne pas tomber, les choristes (pourtant en bonne forme vocale) perdent de vue le chef. Tant pis pour la musique !

Celle-ci est pourtant bien servie par le sous la baguette inspirée de son directeur . Romantique sans excès, enflammée et nuancée à la fois, cette lecture réussit à dégager les émotions que la mise en scène nous refuse. Côté distribution, nous sommes un peu moins gâtés. Ainsi, aux côtés d’un pasteur particulièrement lumineux et d’une Vénus sensuelle et bien chantante, il faut déplorer un Biterolf fatigué et un Hermann aux graves inexistantes et à la prononciation allemande hasardeuse. Elisabeth trouve en une interprète engagée, dans la bouleversante prière fait oublier un registre aigu par moments un peu strident. Juste après, Lee Poulis réussit un sans-faute dans une Romance à l’Etoile chantée à fleur de lèvres faisant oublier, lui, un registre grave manquant d’assise.

Et le rôle-titre ? Deux actes durant agace par un chant uniformément métallique et poussif, aux aigus sûrs, certes, mais dépourvu de tout charme, de tout charisme à quoi s’ajoute une tendance fâcheuse à déformer les voyelles. Nous craignons donc le pire pour le grand récit du troisième acte. Mais soudainement, l’acteur s’éveille, le chanteur ose des nuances et touche enfin le public qui l’accueille donc chaleureusement au rideau final.

 

Crédit photographique : (Tannhäuser) © Thilo Beu

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Bonn. Oper. 08-XI-2009. Richard Wagner (1813-1881) : Tannhäuser, opéra en trois actes sur un livret du compositeur. Mise en scène : Klaus Weise. Décors : Martin Kukulies. Costumes : Fred Fenner. Lumières : Thomas Roscher. Chorégraphie : Nick Hobbs. Avec : Scott MacAllister, Tannhäuser ; Ingeborg Greiner, Elisabeth ; Magdalena Anna Hofmann, Venus ; Lee Poulis, Wolfram ; Alexei Antonov, Hermann ; Mirko Roschkowski, Walther von der Vogelweide ; Götz Seiz, Biterolf ; Mark Rosenthal ; Heinrich der Schreiber ; Martin Tzonev, Reinmar von Zweter ; Anna Virovlansky, Ein junger Hirt. Chœur de l’Opéra de Bonn (chef de chœur : Sibylle Wagner). Beethoven Orchester Bonn, direction : Stefan Blunier

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