Banniere-ClefsResmu-ok

Festival Aujourd’hui Musiques, du spectacle total !

Concerts, Festivals, La Scène, Spectacles divers

Perpignan. Auditorium John Cage. 10-XI-2009. Christian Lauba (né en 1952) : Tadj pour saxophone soprano et percussions ; Elzbieta Sikora (né en 1943) : Lisboa, tramway 28 pour saxophone et support audio ; Bertrand Dubedout (né en 1958) : Svapna pour saxophone alto et marimba (CM) ; Javier Alvarez (né en 1956) : Temazcal pour maracas amplifiées, sons électroacoustiques et mise en scène ; Pierre Jodlowski (né en 1971) : Collapsed pour saxophone soprano, percussion et électronique ; Jacob ter Veldhuis (né en 1951) : Garden of love, nouvelle version pour saxophone, percussion et électronique, adaptation Pulsaxion 2009. Duo Pulsaxion : Radek Knop, saxophones ; Philippe Spiesser, percussions.

Ils sont tous deux professeurs au conservatoire de Perpignan et résolument tournés vers la création d’aujourd’hui : Radek Knop au saxophone et Philippe Spiesser aux percussions – alias duo Pulsaxion – sont des fidèles invités du Festival Aujourd’hui Musiques et conjuguent leur talent depuis plusieurs années déjà, comptant à leur répertoire de nombreuses pièces dont ils sont les dédicataires.

Pour cette 18ème édition du Festival perpignanais des créations sonores, ils avaient inscrits à leur programme six œuvres – parmi lesquelles une création mondiale – dont le parcours sonore des plus aventureux sollicitait sur la scène un dispositif instrumental impressionnant.

Le concert débutait « haut et clair » avec les salves frénétiques et jubilatoires du saxophone soprano de Tadj, une pièce aux contours arabisants de dont Radek Knop soulignait la rugosité sauvage ; elle mobilise, dans une seconde partie plus en finesse, l’udu et la darbouka, deux percussions digitales du Proche-Orient qui révélaient sous les doigts de Philippe Spiesser leur timbre singulier. Seul en scène, Radek Knop interprétait ensuite Lisboa, tramway 28, une œuvre mixte de la compositrice polonaise Elzbieta Sikora écrite en hommage à Fernando Pessoa. Sur le modèle des quatre mouvements de la sonate, Sikora fait revivre les lieux familiers du poète lisbonnais, le saxophone inscrivant sa trajectoire virtuose sur le paysage sonore émanant des haut-parleurs : une œuvre attachante et intimiste que Radek Knop enchante de son timbre racé mais qui souffrait ce soir d’un déséquilibre dans la balance sonore.

Purement acoustique cette fois, Svapna (rêve en sanskrit) fait état des nouvelles aspirations créatrices de qui, après son immersion dans la sphère bouddhiste du Japon, se tourne aujourd’hui vers la spiritualité de l’Inde. Dans un cheminement très intérieur et presque litanique, l’œuvre se concentre sur le chant d’un unique Mantra qui sollicite au départ le jeu micro-intervallique du saxophone puis concentre l’écoute sur le marimba et la gestuelle très plastique de Philippe Spiesser semblant accomplir sous nos yeux l’action de quelque rituel sonore.

Résolument théâtral et d’un effet spectaculaire lorsque les conditions scéniques sont optimales comme elles l’étaient ce soir, Temazcal du mexicain se joue dans le noir intégral (Philippe Spiesser était cagoulé!) pour focaliser les yeux et les oreilles sur la trajectoire sinueuse et malicieuse de deux maracas amplifiées déployant leur chorégraphie sonore sur la constellation bruitée de la partie électroacoustique : ingénieux et irrésistible!

Après Collapsed pour saxophone soprano, percussion et électronique de , une œuvre mixte du compositeur toulousain entretenant au sein du « trio » une tension de l’écoute électrisante, Garden of Love de enlevait tous les suffrages à la faveur d’une théâtralité festive conçue par nos deux magiciens du son tirant de leurs instruments respectifs un bouquet de sonorités éblouissantes. Trônant au centre de son « laboratoire sonore » tel un Merlin l’enchanteur, Philippe Spiesser semble coordonner les fins mécanismes d’une boîte à sons laissant échapper par bribes de phrases échantillonnées l’étrange poème de William Blake, the Garden of Love : une sorte de « City Paradise » à la avec, ici, toute la féerie du Merveilleux.

Crédit photographique : © DR

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.