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Le Chevalier à la rose : le film !

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Paris. Châtelet. 15-XI-2009. Richard Strauss (1864-1949) : Le Chevalier à la Rose. Film muet de Robert Wiene (Allemagne, 1927, 140 minutes). Orchestre national d’Ile de France, direction : Frank Strobel.

Le Chevalier à la Rose selon Robert Wien

Quinze ans après la création du Chevalier à la Rose à l’Opéra Royal de Dresde, le cinéaste Robert Wiene (1873-1938) décide de mettre en chantier une version filmée de l’opéra de , qui jouissait alors d’une popularité immense. Loin de se contenter d’une captation filmée, le réalisateur autrichien a signé un film muet expressionniste d’une beauté stupéfiante. La mise en scène est spectaculaire et soignée, servie par des interprètes de choix qui ont su doser leurs effets pour faire rire le spectateur à bon escient.

L’histoire est connue, la trame principale n’est pas modifiée. Au XVIIIe siècle, la Maréchale se languit de son époux en s’oubliant dans les bras du jeune Octavian Rofrano. Le Baron Ochs, de son côté, s’apprête à se marier avec Sophie de Faninal, la fille d’un marchand récemment anobli. A la suite d’une réception au cours de laquelle son amant est contraint de se déguiser en soubrette pour échapper aux soupçons, la Maréchale désigne Octavian comme chevalier à la Rose. Selon la coutume, ce dernier devra présenter une rose d’argent à la fiancée. Mais au moment de se rencontrer, les deux jeunes gens s’éprennent l’un de l’autre. S’ensuit un chassé croisé amoureux truculent entre les protagonistes de cette histoire jusqu’au dénouement final où fort heureusement, tout rentre dans l’ordre.

a dû lui-même adapter son opéra, devenu ainsi une musique de film instrumentale. Le matériau originel n’a pas été modifié dans son ensemble mais il a fallu tout de même composer de nouvelles musiques pour les scènes de guerre.

Globalement, pour un spectateur d’aujourd’hui, une expérience de ciné-concert sur un film muet est toujours très particulière. La rareté des points de synchronisation s’avère déstabilisante. C’est davantage une ambiance générale que la musique tente de donner au spectateur. En cela, la musique du film de Robert Wiene conserve très fortement son caractère opératique, avec une orchestration chargée et des mélodies généreuses, nourries par le chromatisme expressif wagnérien. Il est surprenant tout du moins d’entendre dans ce genre de travail une musique qui devient tout à coup «diégétique» comme l’est ce pastiche baroque, très bien réalisé, qui accompagne à merveille les danses lors de la garden-party organisée par la Maréchale.

La version de Robert Wiene fut crée en 1926 à Dresde sous la direction du compositeur, malgré les réticences initiales de celui-ci. Ce 15 novembre 2009, c’est au tour de de prendre la baguette de l’Orchestre national d’Ile de France. Quelques hésitations au début, notamment aux bois, puis l’orchestre prend son rythme de croisière et sert à merveille la musique de Richard Strauss, qui on l’imagine bien, met l’orchestre à rude épreuve pendant une heure quarante cinq sans entracte. On regrettera néanmoins que la pellicule originelle ait été perdue, ce qui a contraint les restaurateurs du film à faire «voir» la fin du film à l’aide de photos de tournage, d’extraits de bande annonce et de cartons explicatifs.

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Paris. Châtelet. 15-XI-2009. Richard Strauss (1864-1949) : Le Chevalier à la Rose. Film muet de Robert Wiene (Allemagne, 1927, 140 minutes). Orchestre national d’Ile de France, direction : Frank Strobel.

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