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Rêveries de poètes français par Steve Davislim & Guillaume Tourniaire

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“Turbulent Heart”. Louis Vierne (1870-1937) : Psyché op. 33 ; Les Djinns, poème symphonique pour chant et orchestre op. 35 ; Éros, poème symphonique pour chant et orchestre op. 37 ; Ballade du désespéré op. 61 ; Ernest Chausson (1855-1899) : Poème de l’Amour et de La Mer, cycle de mélodies op. 19. Steve Davislim, ténor ; The Queensland Orchestra, direction : Guillaume Tourniaire. 1 SACD Melba MR301123. Code barre : 9314574112320. Enregistré le 12, 13, 15, 16 et 18 septembre 2008, au Studio 420, Ferry Road à Brisbane. Notice trilingue (anglais, français, allemand), textes chantés traduits en anglais et allemand. Durée : 76’32’’

 

Les Clefs ResMusica

Après Hélène et Nuit persane de Saint-Saëns, propose une autre découverte inattendue dans le répertoire français : quatre mélodies de Vierne qui n’avaient certainement jamais été enregistrées, accompagnées par le Poème de l’amour et de la mer, qu’on entend rarement chanté par un ténor.

Comme Chausson, Vierne a été l’élève de César Franck, dont il hérite un langage foncièrement wagnérien, d’ailleurs anachronique pour des œuvres composées entre 1914 et 1931. Si l’on attend de lui une orchestration d’organiste, massive et homogène, on sera surpris : Vierne s’inscrit dans la filiation de Berlioz, recherchant avant tout l’éclat et la clarté. Son art de la couleur fait merveille dans le tohu-bohu des Djinns, au rythme ingénieusement varié de strophe en strophe. Dans ce «poème symphonique pour chant et orchestre» la partie vocale demeure d’une sobriété proche de la déclamation. Moindre réussite dans Psyché, toujours sur un poème de Victor Hugo : le poète demande à un papillon quel est le chef d’œuvre de la création, et la réponse est «le baiser»… Éros, sur un poème d’Anna de Noailles, offre un beau prélude et des emprunts quasiment littéraux à Tristan et à Parsifal. La Ballade du désespéré n’a pas été orchestrée par Vierne, mais par son disciple, Maurice Duruflé : celui-ci, malgré quelques traits modernes des cuivres, a respecté le style de Vierne et a bien souligné la parenté de la pièce avec la Marche funèbre de Siegfried.

A part quelques fins de phrases sacrifiées, prononce très correctement le français, et chante d’une voix délicate, mais bien colorée et assise sur un grave solide. Les textes sont rendus avec vigueur et finesse. Les couleurs de l’Orchestre du Queensland sont réjouissantes, admirablement mises en valeur par le chef et aussi par la prise de son, qui trouve entre voix, instruments solistes et tutti un équilibre remarquable et pas trop artificiel. Dans le Poème de l’amour et de la mer, le chant, toujours soigné, semble un peu lisse, d’une mélancolie qui touche à la langueur, jusqu’à l’usage de la voix de fausset dans la dernière phrase. L’orchestre peine également à s’animer et à assombrir ses couleurs. Si l’on veut écouter le Poème par une voix masculine, les versions des barytons Gérard Souzay (Testament) et François Le Roux (Decca) seront plus satisfaisantes. Néanmoins, un album tout à fait captivant. Pour les amateurs de la musique de , on rappelle le disque de l’Orchestre philharmonique de Liège dirigé par Pierre Bartholomée pour Timpani avec la Symphonie en la mineur et le Poème pour piano et orchestre.

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“Turbulent Heart”. Louis Vierne (1870-1937) : Psyché op. 33 ; Les Djinns, poème symphonique pour chant et orchestre op. 35 ; Éros, poème symphonique pour chant et orchestre op. 37 ; Ballade du désespéré op. 61 ; Ernest Chausson (1855-1899) : Poème de l’Amour et de La Mer, cycle de mélodies op. 19. Steve Davislim, ténor ; The Queensland Orchestra, direction : Guillaume Tourniaire. 1 SACD Melba MR301123. Code barre : 9314574112320. Enregistré le 12, 13, 15, 16 et 18 septembre 2008, au Studio 420, Ferry Road à Brisbane. Notice trilingue (anglais, français, allemand), textes chantés traduits en anglais et allemand. Durée : 76’32’’

 
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