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Intégrale Grieg avec Alexandra Soumm

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Paris, Auditorium du Louvre. 08-I-2010. Edvard Grieg (1843-1907) : Sonates pour violon et piano n° 1 en fa majeur op. 8 ; n° 2 en sol majeur op. 13 ; n° 3 en ut mineur op. 45. Alexandra Soumm, violon ; Julien Quentin, piano

Après sa première apparition à Paris en février 2008, , étoile montante du violon, a joué de nouveau à l’Auditorium du Louvre, cette fois les trois sonates pour violon et piano de Grieg, dans une interprétation époustouflante.

Née en 1989, elle commence l’étude du violon à l’âge de 5 ans et donne son premier récital deux ans plus tard, en Ukraine. En 2002, elle remporte le grand prix du concours du Conservatoire de Vienne où elle étudiait depuis deux ans. Elle joue la même année au Festival de Radio France à Montpellier ; en 2004, elle obtient le premier prix du concours de l’Eurovision pour jeunes musiciens à Lucerne. Elle débute magistralement sa carrière d’interprète en étant invitée aux Festivals de Verbier et de Lugano (Festival Martha Argerich) et en jouant sous la direction de Michel Plasson, Yuri Bashmet, Seiji Ozawa ou encore Yœl Levi, avec l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg, l’Orchestre National de Russie, le Philharmonique d’Israël, l’Orchestre National de Lyon, et bien d’autres formations prestigieuses.

Dès les premières notes, on remarque aussitôt sa première qualité incontestable : la richesse de sa sonorité. Elle joue certes sur un Francesco Stradivarius de 1735, mais un interprète médiocre ne pourrait jamais tirer un son aussi chaleureux, ample et puissant, même si l’instrument est d’une excellente facture. (Une maxime d’Asie ne dit-elle pas : «Un sabre, si excellent soit-il, ne sert à rien dans la main d’un lâche» ?) On remarque également la détermination qui imprègne son interprétation, une affirmation claire de ce qu’elle joue, de «sa» musique. Aussi pressent-on déjà chez elle la dimension d’une grande interprète.

Le programme est donc constitué des trois Sonates de Grieg, que le compositeur considérait comme comptant parmi ses meilleures œuvres. Dans les deux premières sonates, dominées par la joie, la gaîté et la vivacité, nos deux musiciens marquent les rythmes avec acuité et font pleinement chanter leurs instruments (le deuxième mouvement de la Sonate n°2), sans jamais négliger les détails. Dans le troisième mouvement de la Sonate n°1, qu’ils vont rejouer en bis, on perçoit un subtil mélange d’élan juvénile plein de spontanéité et de rigueur due à un travail méticuleux. Quant à l’introduction du premier mouvement de la Sonate n°2, «Lento doloroso», l’entrée du violon, très décidée, dans une atmosphère de recueillement total, est tout simplement étonnante.

Dans l’exécution de la Sonate n°3, écrite environ dix ans après les deux premières, le son du violon devient plus profond, plus mature, accentuant le côté dramatique de l’œuvre. La lecture de la partition est solidement structurée ; on ne note aucune précipitation dans les parties rapides, ni aucun prolongement inutile (notamment le second thème du premier et troisième mouvement), dans une oscillation constante du tempo qui caractérise l’œuvre. Au contraire, leur interprétation se déroule tout à fait naturellement à mesure que la musique évolue.

Le pianiste parisien , formé en Suisse puis aux Etats-Unis, accompagne le violon dans une parfaite harmonie. Excellent musicien lui aussi, sa sonorité, souvent douce et ronde, va de pair avec celle de Soumm et la met idéalement en relief. Un son extrêmement clair, voire «métallique» dans le thème initial au piano solo du deuxième mouvement de la Sonate n°3, surprend agréablement nos oreilles, produisant un effet lyrique tout à fait inattendu.

Crédit photographique : © Berger

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Paris, Auditorium du Louvre. 08-I-2010. Edvard Grieg (1843-1907) : Sonates pour violon et piano n° 1 en fa majeur op. 8 ; n° 2 en sol majeur op. 13 ; n° 3 en ut mineur op. 45. Alexandra Soumm, violon ; Julien Quentin, piano

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