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Paris. Salle Pleyel. 25/26-I-2010. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n°1 en sol mineur op. 1 ; Symphonie n°4 en fa mineur op. 36 ; Symphonie n°2 en do mineur op. 17 ; Symphonie n°5 en mi mineur op. 64. Orchestre du Théâtre Mariinsky, direction : Valery Gergiev

Orchestre du Théâtre Mariinsky

L’ sous la guide de son bruyant chef a officiellement ouvert les célébrations de l’année France-Russie avec une magistrale interprétation de l’intégrale des symphonies de Tchaïkovski. Avec une écriture fulgurante, ce compositeur, qui trouve en Gergiev un directeur extrêmement inspiré et passionné, ne cesse d’exercer son charme sur le public français. Les dernières symphonies qui sont notamment les plus jouées et connues, ont sollicité en particulier la sensibilité des foules.

L’entreprise n’a pas été des plus simples. Jouer deux symphonies de grande envergure dans une même soirée requiert une concentration et une résistance physique que seul un grand orchestre est en mesure de soutenir. La fatigue imprimée dans les yeux de Gergiev, de retour d’une tournée en Allemagne, n’a nullement compromis le résultat. Il a dirigé ses merveilleux musiciens avec un état d’âme traversé de visions imprécises, un esprit majestueux et puissamment romantique qui a effacé toute trace de matérialité de l’univers de Tchaïkovski constamment caractérisé par la «névrose chronique» et une joie secrète. Il a imprimé à chaque symphonie un caractère différent : nostalgique jusqu’au tragique pour la Symphonie n°1 ; mélancolique et gaie mais également agitée et tourmentée pour la n°2 ; authentique et sincère pour la n°4 qui inaugure la «trilogie du fatum» ; sombre et tragiquement romantique pour la n°5.

La Symphonie n°5 a été reçue avec une sincère ovation par le public. On n’oubliera pas l’Andante cantabile entonné par un excellent premier cor ni les tableaux intimes dessinés par les instruments à vents. La sonorité chaude des cuivres typique en Tchaïkovski mélangée à la finesse des bois a su peindre les impressions psychologiques et les états d’âme les plus subtils du compositeur. Tout comme l’indéniable travail des cordes dans le Pizzicato ostinato de la symphonie n. 4 a désorienté l’auditoire comme dans une sorte d’hallucination. Le tumulte des tutti orchestral, les impeccables contretemps des cymbales, les solos pittoresques et intimes des différents instruments à vent, ont imprimé à ces symphonies le caractère puissant et primitif, extraordinairement romantique mais pas pathétique très en ligne avec l’invention du compositeur russe. Malgré l’énorme travail, le visible épuisement causé par une direction très passionnée, tout au long des deux soirées Gergiev, autant généreux qu’extraordinaire ne s’est jamais soustrait au bis.

Crédit photographique : © Sasha Guzov

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Paris. Salle Pleyel. 25/26-I-2010. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n°1 en sol mineur op. 1 ; Symphonie n°4 en fa mineur op. 36 ; Symphonie n°2 en do mineur op. 17 ; Symphonie n°5 en mi mineur op. 64. Orchestre du Théâtre Mariinsky, direction : Valery Gergiev

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