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Et Puccini n’était pas loin…

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Cologne. Opernhaus. 30-I-2010. Fest der schönen Stimmen – Fête des belles voix. Musiques de Camille Saint-Saëns (1835-1921), Charles Gounod (1818-1893), Léo Délibes (1836-1891), Hector Berlioz (1803-1869), Georges Bizet (1838-1875) et Jules Massenet (1842-1912). Avec : Sonia Ganassi, mezzo-soprano ; Massimo Giordano, ténor ; Britta Stallmeister, soprano ; Miljenko Turk, baryton. Maîtrise de la Cathédrale de Cologne (chef de chœur : Oliver Sperling). Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction : Will Humburg

Fêtes des belles voix 2010

«Fête des belles voix» est le titre de l’annuel gala de l’Association des Amis de l’Opéra de Cologne – et cette édition 2010 en était définitivement une. Quatre voix superbes – , , et – s’étaient réunies pour nous offrir un beau bouquet de musique française de la deuxième moitié du XIXe siècle avec, en plat de résistance, les actes III et IV de Werther. Et pourtant, confier un tel programme à quatre chanteurs non francophones relève de la gageure. Et, à vrai dire, Puccini n’était jamais loin en cette froide soirée hivernale.

notamment, à l’accent italien assez marqué, semblait confondre Roméo et Cavaradossi, Nadir et Rodolfo. Les choses s’améliorèrent quelque peu dans Werther, chanté avec une belle intensité, et aussi avec plus de délicatesse. Mais nous étions encore loin d’Alain Vanzo ou de Nicolai Gedda. Plus idiomatique, – connue surtout pour ses interprétations du répertoire belcantiste – nous surprit avec un séduisant air de Dalila avant d’incarner une déchirante Charlotte, de surcroît magnifiquement chantée, même dans les passages les plus exposés. Belle surprise également en ce qui concerne la jeune soprano allemande , en troupe à l’opéra de Francfort et remplaçant ici souffrante. Délicate Lakmé en première partie («Viens, Mallika»), elle nous offrit en deuxième une superbe Sophie, à la fois pétillante et profondément humaine dans les rapports avec sa grande sœur. , enfin, nous enchanta avec son Zurga noble et virile («Au fond du temple saint») nous faisant regretter la brièveté de ses interventions dans l’acte III de Werther.

Au pupitre d’un Gürzenich-Orchester particulièrement en forme (une mention spéciale pour l’élégant premier violon de Shin-Kyung Kim dans la Méditation de Massenet), nous retrouvions Will Humburg, qui avait dirigé en octobre dernier une formidable reprise de l’Italienne à Alger. Cette fois, il en fit trop. Avec une gestuelle tour à tour exagérée et maniérée (quelles attaques, quel jeux des doigts !), il anime, il entraîne, il enflamme ses musiciens. C’est brillant, certes, c’est passionnant aussi. Mais là encore en était un peu trop près du vérisme italien…

Crédit photographique : Massimo Giordano © Cherinfoto

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Cologne. Opernhaus. 30-I-2010. Fest der schönen Stimmen – Fête des belles voix. Musiques de Camille Saint-Saëns (1835-1921), Charles Gounod (1818-1893), Léo Délibes (1836-1891), Hector Berlioz (1803-1869), Georges Bizet (1838-1875) et Jules Massenet (1842-1912). Avec : Sonia Ganassi, mezzo-soprano ; Massimo Giordano, ténor ; Britta Stallmeister, soprano ; Miljenko Turk, baryton. Maîtrise de la Cathédrale de Cologne (chef de chœur : Oliver Sperling). Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction : Will Humburg

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