Artistes, Chanteurs, Opéra, Portraits

Camille Maurane, baryton (Rouen, 29 novembre 1911- Eau-Bonne, 21 janvier 2010)

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«La Philosophie Platonicienne nous enseigne que : La Musique est un bienfait des Dieux». C’est avec ces quelques mots manuscrits d’une écriture soignée que signait le préambule à la réédition japonaise de l’intégrale de ses enregistrements pour Erato. Il profitait de ces lignes pour louer la soif de connaissance des artistes japonais lesquels «assimilent parfaitement le langage qui leur est proche par la finesse et la sensibilité».

Le Pélleas légendaire (il l’enregistra trois fois dans sa carrière) vient de s’éteindre à l’âge de 98 ans dans sa maison d’Eau-Bonne dans l’Oise. Sa disparition porte l’amateur vers le souvenir et la réminiscence du personnage. En dehors de l’intégrale Erato éditées par Warner au Japon en 1993 (aujourd’hui un album collector) rares sont les documents sonores encore disponibles sur le marché. Triste constat d’une époque qui, avide de nouveautés, ne perpétue pas le culte de la référence. Parce qu’en termes de référence du chant, se posait comme l’une des plus belles voix du chant français. A-t-on jamais interprété avec autant de sensibilité La Bonne Chanson de Gabriel Fauré ? A-t-on jamais mieux dit l’amour que dans La lune blanche ?

Avec la légèreté de timbre du baryton-martin, Camille Maurane est l’exemple incontestable du parfait mélodiste français. Sa diction claire, son articulation naturelle, sa musique empreinte de la plus grande simplicité apporte à la mélodie française ce dont elle manque tant de nos jours : l’élégance. Le soin qu’il apporte à la lecture des mélodies de Chabrier, de Poulenc, de Ravel ou de Debussy dégage une vérité poétique incomparable. Sans jamais pousser l’affectation des textes, qu’ils soient signés par Paul Verlaine, par Alfred de Musset ou Edmond Rostand, Camille Maurane s’attache à dire les textes comme s’il devait les lire sans les chanter.

Avec la disparition de cette grande voix du chant français, l’espoir persiste qu’il se trouvera quelque producteur discographique sensible au talent de Camille Maurane pour rééditer ses enregistrements. Ce serait justice et bienséance que les documents laissés par cet artiste deviennent le pain quotidien de tout chanteur désireux de diriger sa carrière vers le chant français.

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