Éditos

Rénover les Victoires

 

Edito

Avec 1. 8 millions de téléspectateurs et 7. 7% d’audience, si le chiffre est légèrement meilleur que l’an dernier, il n’y a pas de quoi pavoiser : nous n’atteignons pas le pic de plus de 2 millions, dépassé en 2006. La concurrence a été rude : sur TF1 le 50e épisode de Joséphine ange gardien a raflé la mise (33%). M6 proposait Star Wars III et France 2 FBI portés disparus

Mais pourquoi les Victoires de la musique classique patinent autant ? Marie Drucker et Frédéric Lodéon forment maintenant un tandem rompu à l’exercice. L’expérience catastrophique de la diffusion un dimanche après-midi n’a pas été réitérée. Alors que faut-il changer ?

Peut-être le palmarès ? Ce palmarès des Victoires est fidèle à ses idées : les «révélés» des années précédentes deviennent les «consacrés» quelques temps plus tard, et s’ils ne sont pas «Solistes», ils obtiennent la victoire «Enregistrement». Artiste lyrique de l’année ? Philippe Jaroussky. Révélation en 2004, artiste lyrique de l’année en 2007, le revoilà en 2010 (après tout, il n’avait pas eu la victoire de l’enregistrement, pour laquelle il concourrait aussi). est une fois de plus victorieux (il a été «compositeur de l’année» en 2005). En «Soliste instrumental de l’année», le choix était fait entre le piano, le piano et le piano. Cyril Huvé était en compétition mais c’est David Fray qui l’a eue. En compensation de s’être fait doubler en 2008 dans la catégorie «Révélations» ? Bertrand Chamayou, troisième de la liste, a déjà eu sa récompense («Révélation») en 2006, chacun son tour ! Parions qu’il sera «Soliste de l’année» pour 2012. Et Cyril Huvé a pu sécher ses larmes avec un «Enregistrement de l’année». On peut légitimement se poser la question : une telle récurrence des noms rend-elle service aux artistes ? Le spectateur n’a-t-il pas l’impression d’assister à une soirée entre amis, où on se refile la petite sculpture d’une année sur l’autre ?

Passons sur le reste (comment choisir entre un documentaire et deux opéras pour les DVDs ?), si ce n’est le très bon choix de «Révélations» pour 2010 (nominés comme victorieux), loin de la gabegie des années précédentes. Certes, les artistes Virgin/EMI dominent encore (Jaroussky, Fray, Quatuor Ebene, …) mais nous sommes loin du palmarès 2009, presque exclusivement dévolu à ce label, et encore moins de celui de 2006, à 99% consacré à Naïve.

Ne faudrait-il pas un peu plus de transparence pour le jury ? Qui siège ? Alain Lanceron en est le président certes (il est aussi directeur d’une maison de disque fortement récompensée à chaque palmarès). Et qui est autour de lui ? Que ce soit pour le MIDEM ou le Festival de Cannes, la composition du jury est transparente et clairement affichée. Pas pour les Victoires (telles qu’elles soient). Et peut-être revoir le concept des récompenses. Une Victoire est essentielle pour la carrière d’un jeune artiste. Les autres en ont-ils réellement besoin ? 

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