Waltraud Meier chante La Mort de Cléopâtre

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Salle Pleyel. 17-II-2010. Hector Berlioz (1803-1869) : Cantate La Mort de Cléopâtre ; Symphonie fantastique op. 14. Waltraud Meier, mezzo-soprano ; Orchestre de Paris, direction : Christoph Eschenbach

Sans même remonter à son ancêtre, l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, l’ entretient une longue histoire d’amour avec Berlioz : depuis Charles Munch (la Symphonie Fantastique figurait d’ailleurs au concert inaugural de l’orchestre le 14 novembre 1967), il n’a cessé d’être programmé, notamment lors d’un cycle entrepris entre 2000 et 2003. À l’occasion du soixante-dixième anniversaire de , c’est donc un programme uniquement consacré au grand représentant du romantisme musical français que nous proposait l’orchestre.

Première partie très brève avec la scène lyrique La Mort de Cléopâtre. Berlioz compose cette cantate pour le concours du Prix de Rome à l’été 1829. Ayant reçu le deuxième prix lors de l’édition précédente, il pense alors, comme le veut l’usage, obtenir cette fois le premier prix. Mais sa musique, si peu académique, déconcerte le jury qui ne lui décerne pas la récompense. Pour interpréter ce rôle, l’ faisait appel à , mezzo-soprano qui a évolué ces dernières années vers des rôles de soprano dramatique. Grande wagnérienne, mais ayant également interprété Didon (Les Troyens), Marguerite (La Damnation de Faust) ou Carmen, il était intéressant de l’entendre chanter en français. Dans cette musique théâtrale, dramatique où alternent (la frontière est parfois floue) récitatifs et airs, la prononciation n’est pas parfaite, mais la voix est toujours impressionnante, surtout dans les registres aigus. L’art de la déclamation, de l’engagement expressif suscite également l’admiration, jusque dans les derniers mots susurrés (le récitatif mesuré), Berlioz mentionnant sur sa partition une «voix éteinte, en articulant à peine». L’orchestre accompagne, le mot est faible, la chanteuse avec beaucoup de conviction.

Au programme de la deuxième partie de soirée, l’inévitable mais fameuse Symphonie Fantastique, que a beaucoup dirigé en tournée depuis 1999 à la tête de l’Orchestre de Paris. Ils l’ont d’ailleurs enregistré en 2001 (Naïve) et il existe même une version en DVD publiée en 2002 (Bel Air Classiques). Dans les cinq scènes descriptives de cet Episode de la vie d’un artiste, l’orchestre se montre en grande forme, notamment la première clarinette et le premier basson, tout comme les solistes dans le duo pastoral de la Scène aux champs : le cor anglais (debout sur scène, derrière les premiers violons) et le hautbois (en coulisse). Mais on regrette une direction manquant souvent d’urgence, de folie et versant parfois dans le brillant excessif (final du Songe d’une nuit de Sabbat).

Crédit photographique : Christoph Eschenbach © Eric Brissaud

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