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Les Nielsen, une famille danoise

Aller + loin, Dossiers

« Une affiche de concert jaunie par le temps et abandonnée à sa solitude dans un dossier oublié est-elle à jamais condamnée au silence ? Nous voulons croire que ce triste destin apparemment inexorable mérite de recevoir un démenti cinglant, ne serait-ce que le temps d’une lecture. » Voilà comment débute ce dossier élaboré par le président fondateur de l’Association française Carl Nielsen. Pour accéder au dossier complet : Sur les traces de Carl Nielsen

 

Il est entendu que la naissance de le 9 juin 1865 dans la campagne de Fionie, une des nombreuses îles du Danemark, marque le point de départ de la musique danoise moderne. Ses origines familiales sont intéressantes pour comprendre son parcours de compositeur, mais également en ce qu’elles sont représentatives des dures conditions de vie dans la province danoise.

Le futur compositeur est le septième des douze enfants de la famille Jorgensen, de condition plus que modeste. Sur les bases d’une tradition qui avait été abolie par un décret de 1856, le jeune Carl August reçoit un nom de famille nouveau forgé sur le prénom du père auquel on ajoute le suffixe «fils». Nielsen signifie donc fils de Niels (ou Nielsdottir pour les filles). En définitive, en application de ce décret, tous les enfants de Niels Jørgensen et leurs descendants s’appelleront Nielsen.

On dispose d’une photographie prise vers 1872 regroupant quatre frères (Carl, Peter, Sophus et Anders) habillés très correctement, ainsi que des portraits de Caroline et de Louise au choix vestimentaire très soigné. Un autre cliché datant de 1879 met en scène debout dans son uniforme de l’armée aux côtés de Sophie, Sophus et Albert. Ces images qui présentent une image digne de la famille ne doivent pas faire oublier la pauvreté réellement vécue.

Alors que le Danemark d’aujourd’hui se distingue par un système social très développé visant à assurer une cohésion entre les classes sociales, la société de l’époque était au contraire fortement divisée entre la noblesse et la grande bourgeoisie d’une part, et les couches populaires des paysans, ouvriers et employés d’autre part dont les moyens de subsistance permettaient guère mieux que de ne pas mourir de faim et trouver un toit décent.

Les conditions sanitaires déplorables, la fécondité élevée compensant à peine la forte mortalité infantile, l’alimentation peu abondante étaient leur lot. Les guerres antérieures, itératives, avaient ruiné le pays et pérennisé la soumission des classes les plus populaires. Enfin, le peu de mobilité sociale finissait d’engendre une résignation face à la volonté divine dans l’attente d’un futur meilleur, probablement dans un autre monde. Il existait un réel et douloureux fossé entre le quotidien concret du peuple et la qualification idyllique, presque publicitaire, de la Fionie comme le «Jardin du Danemark». Signalons que toutes les villes et villages mentionnés s’inscrivent dans un petit triangle géographique dont chaque côté mesure une douzaine de kilomètres.

Lire la suite de l’étude  : Les Nielsen, une famille danoise (9 pages)

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