Viennoiseries musicales 1806-1826 avec Hugo Reyne

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Anton Heberle (dates inconnues)  : Sonate brillante ; Andante con variazioni ; Concertino. Josef Gebauer (dates inconnues) : Sonate op. 17. Karl Scholl (1778-1834) : Quatuor. Wilhem Klingenbrunner (1782-1850) : Douze valses op. 47 ; Ernest Krähmer (1795-1837) : Deuxième Concert Polonaise op. 13. Anton Csermák (c. 1774-1822) : Romance hongroise n°4. La Simphonie du Marais, Hugo Reyne, flûte scákan et direction. 1 CD Musique à la Chabotterie 605007. Enregistré du 26 au 28 février 2007 à la Cantinière (Vendée) et le 28 novembre 2007 à Dompierre-les-Ormes (Saône-et-Loire). Code Barre : 3 760156 050072. Durée totale : 77’52”

 

Le titre de ce disque recèle deux spécificités : un concert agrémenté de chocolat et de viennoiserie et la flûte-canne scákan.

Explication : d’abord, notre flûtiste fait référence à ses concerts réalisés en collaboration avec des chocolatiers de chaque lieu où il se produisait avec son orchestre, rétablissant ainsi l’ambiance des salons et académies de la période classique.

Pour le deuxième point, il s’agit d’un recueil de pièces écrites pour la flûte à bec qui servait à la fois de canne et connut ses jours de gloire à Vienne au début du XIXe siècle. On se reportera au livret, qui reproduit la photo de certains instruments, pour la fascinante aventure qu’a vécue autour de cette flûte à bec « romantique ». Aujourd’hui complètement oubliées, de nombreuses partitions et méthodes, expressément conçues pour elle, proliféraient à l’époque. A partir de 1820, les facteurs commencèrent à fabriquer le scákan à l’image du hautbois et de la clarinette, d’où ses formes très variées. On en jouait encore au début du XXe siècle, mais elle fut finalement abandonnée pour la flûte à bec soprano. Le son de cet instrument est donc très proche de la flûte à bec ; en entendant un enregistrement à l’aveuglette, il n’est guère possible de distinguer les deux.

a réuni pour ce disque des pièces de compositeurs tout aussi méconnus que cette flûte, toutes imprégnées de classicisme et des débuts du romantisme, puisque la plupart sont contemporains de Beethoven, de Schubert, ou de Weber. Au gré de l’écoute et des notes de l’interprète, l’on découvre des perles de son répertoire : la Sonate op. 17 de Joseph Gebauer est la seule et unique sonate romantique pour flûte à bec (en l’occurrence scákan) et piano, dont on ne trouve ici que trois mouvements sur quatre. Ses deux derniers mouvements furent arrangés pour hautbois et attribués par erreur à Carl Maria von Weber, sous le titre de Concertino. Les Valses de Wilhelm Klingenbrunner que nous entendons avec quatuor à cordes furent écrites à l’origine pour scákan et pianoforte. Ernest Krähmer, auteur du délicieux Concert Polonaise, édita trente-huit œuvres et une méthode, toutes pour scákan.

L’interprétation est fascinante, avec une sonorité de flûte extrêmement claire. Dans la Sonate de Gebauer, la violence de la fin de la Polacca au pianoforte produit un effet impressionnant, évoquant la « turquerie » qui faisait fureur en Europe durant les 17e et 18e siècles. Les œuvres avec trio ou quatuor à cordes sont toutes gracieuses, dans une beauté formelle équilibrée, parfaitement dans l’esprit de la première école viennoise. Hugo Reyne exécute toutes les pièces dans un subtil mélange de grande virtuosité et d’extrême délicatesse, notamment dans la Sonate brillante d’ pour scákan solo.

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