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Un Berlioz sage par Jos van Immerseel

À emporter, CD, Musique symphonique

Hector Berlioz (1803-1869) : Symphonie fantastique ; Le Carnaval romain, Ouverture caractéristique. Anima Eterna Brugge, direction : Jos van Immerseel, collection Anima Eterna, Harmonia Mundi. Code barre : 3 760009 292154. Enregistré au Concertgebouw Brugge du 20 au 22 mai 2008. Notice trilingue (français, anglais, allemand) de Jos van Immerseel. Durée : env. 65’

 

Les musiciens d’ Brugge, dirigés par , ont effectué un véritable travail d’interprétation à partir des Mémoires d’ et de son Grand traité d’instrumentation et d’orchestration modernes. Le souci d’exactitude instrumentale est visible, le résultat du travail audible. Le choix de remplacer les cloches par des pianos dans le Songe d’une nuit de Sabbat pourrait toutefois être discuté : les pianos étaient un pis-aller prévu par Berlioz en l’absence d’autre instrument. Ce choix est justifié dans la notice, mais on regrette les cloches auxquelles Berlioz tenait tant.

Le travail sur l’organologie et sur l’instrumentation de cette époque est louable et les textes du livret sont intéressants. Mais cette recherche pourrait sans doute gagner par davantage de rigueur. Les sources mériteraient d’être élargies : les textes de Berlioz témoignent en effet d’un parti-pris qui exige d’être nuancé, confronté à d’autres témoignages, ou parfois même d’être lu au deuxième degré. D’autres aspects du jeu de l’époque auraient peut-être pu être mis en avant.

A l’écoute du disque, on salue l’impeccable mise en place de l’orchestre, le travail des instrumentistes et notamment des cordes sans vibrato, ainsi que la maîtrise des tempos. La lisibilité des textures est remarquable. Il semble toutefois manquer ce je-ne-sais-quoi auquel tient l’aspect fantastique, la tendresse, l’ironie grinçante, voire le burlesque de certaines lignes, que le beau squelette qui danse sur la pochette du CD semblait pourtant nous promettre. L’ouverture du Carnaval romain est elle-aussi retenue. Comme dans l’ensemble du disque, la prise du son est excellente, mais accentue le côté lisse, aux antipodes de la tension, de la fougue ou de l’abandon berlioziens et de la rugosité des instruments d’époque. La Marche au supplice, n’en est pas moins convaincante, entraînante, cuivrée à souhait : on se laisse emporter.

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