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Richard Strauss a capella par Laurence Equilbey

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« Strauss a capella ». Richard Strauss (1864-1949) : Eine deutsche Motette op. 62 ; Traumlicht ; Deux chants a cappella pour chœur mixte à 16 voix op. 34. Jane Archibald, Élodie Kimmel, Edwige Parat, Kristina Vahrenkamp, sopranos ; Dagmar Pecková, alto ; Eric Stoklossa, ténor ; Robert Gleadow, baryton ; Latvian Radio Choir (chef de chœur : Sigvards Kļava), Accentus, direction : Laurence Equilbey. 1 CD Naïve V 5294. Code barre : 822186051948. Enregistré en juin 2009, en l’Église Notre-Dame du Liban, à Paris. Notice en français, anglais et allemand ; textes chantés traduits en anglais et en français. Durée : 47’30’’

 

On n’imagine pas trouver en un maître de l’écriture chorale, sans doute parce que ses opéras les plus célèbres ne donnent au chœur qu’un rôle secondaire. En plus d’imposantes parties chorales dans Friedenstag, il a pourtant composé plusieurs dizaines de pièces pour chœur, avec orchestre ou a capella, dont propose une sélection judicieuse, encore que bien réduite. On y entend la tradition de Mendelssohn, que Strauss avait étudiée dans sa jeunesse, mais aussi l’influence de Schumann et de Brahms, croisé à la Cour de Saxe. On y retrouve aussi les caractéristiques de son langage, comme ces triolets animant les longues phrases, qui deviennent ici des thèmes de fugues.

L’opus 34 est contemporain des grands poèmes symphoniques (1898-1899), et l’on y retrouve le tempérament puissant du jeune homme décrit par Romain Rolland, son goût pour les polyphonies luxuriantes, et son inspiration éclectique : le premier poème, Le soir, peint un coucher de soleil postromantique, alors que le second, Hymne, emprunte aux figuralismes baroques pour illustrer l’errance du fils prodigue. Avec le Motet allemand (1913), Strauss, rivalisant avec la virtuosité des pièces de la Renaissance, arrive à combiner 16 parties chorales et 4 parties solistes, sur une tessiture qui, couvrant plus de quatre octaves, culmine au contre-ré bémol pour les sopranos. Enfin, le bref Traumlicht (1935) s’apparente au style tardif de Strauss, avec une souplesse de ligne qui annonce les Quatre derniers lieder.

Rarement données en concert à cause de leur difficulté, ces pièces ont déjà été plusieurs fois enregistrées. Associé au Chœur de la Radio lettonne, y montre ses qualités bien connues : sur toute la tessiture, les couleurs sont merveilleusement fondues et mœlleuses, à défaut d’être très chaleureuses. Les longues tenues de Der Abend, presque immobiles, sont particulièrement réussies. Si l’on juge cet hédonisme tiède, on peut se tourner vers des versions au caractère plus net et plus tranché. Néanmoins, une belle réalisation pour un répertoire superbement ardu.

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« Strauss a capella ». Richard Strauss (1864-1949) : Eine deutsche Motette op. 62 ; Traumlicht ; Deux chants a cappella pour chœur mixte à 16 voix op. 34. Jane Archibald, Élodie Kimmel, Edwige Parat, Kristina Vahrenkamp, sopranos ; Dagmar Pecková, alto ; Eric Stoklossa, ténor ; Robert Gleadow, baryton ; Latvian Radio Choir (chef de chœur : Sigvards Kļava), Accentus, direction : Laurence Equilbey. 1 CD Naïve V 5294. Code barre : 822186051948. Enregistré en juin 2009, en l’Église Notre-Dame du Liban, à Paris. Notice en français, anglais et allemand ; textes chantés traduits en anglais et en français. Durée : 47’30’’

 
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