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Honegger et Walton en concert d’abonnement classique à Helsinki

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Helsinki, Yliopiston Juhlasali Klo. 14-IV-2010. Sunleif Rasmussen (né en 1961) : Prélude pour orchestre ; Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour piano et orchestre en la mineur op. 54 ; Arthur Honegger (1892-1955) : Symphonie n°3 « liturgique ». Henri Sigfridsson, piano ; Orchestre Philharmonique d’Helsinki, direction : John Storgårds

Orchestre philharmonique d’Helsinki

Depuis les pays francophones, la vie musicale finlandaise laisse assez rêveur car la fidélité du public permet toutes les audaces de programmation à l’image de ce concert du mercredi qui offrait la symphonie n°3 d’Honegger. Bien que défendue par un chef comme Karajan, cette partition a, depuis longtemps, désertée les salles de concert… On ne peut que saluer l’initiative du chef John Storgårds, directeur musical de l’Orchestre philharmonique d’Helsinki, de la mettre à l’affiche de ce concert donné dans la salle historique de l’Université d’Helsinki. Moins connu chez nous que ses confrères Oramo, Salonen ou Saraste, John Storgårds est pourtant la parfaite incarnation du système finlandais à savoir un grand intérêt pour la musique contemporaine et une totale flexibilité stylistique qui permet au chef de passer, avec dextérité et facilité, de Schumann à une pièce contemporaine.

Les pays scandinaves sont une pépinière de talents pour les compositeurs contemporains et ce concert mettait à l’honneur le Danois Sunleif Rasmussen, originaire des îles Féroé. Il n’y a pourtant pas grand chose à retenir d’une pièce bien écrire mais sans originalité, ni émotion dans un style neutre et passe partout.

Dans le Concerto pour piano de Robert Schumann, on admire la fougue et l’énergie romantique déployée par le chef. Dans une optique conquérante et dégraissée, il emporte le concerto dans un festival d’énergie et de tonus. L’imposant Henri Sigfridsson assure une prestation technique irréprochable même s’il s’affirme plus dans une certaine tradition romantique à la fois mesurée et plutôt puissante de toucher. Le soliste et l’orchestre réservent tout de même de beaux moments de dialogues comme dans le second mouvement.

Mais le sommet de ce concert résidait dans une interprétation magistrale de la symphonie n°3 d’Honegger. Puissante et menée à un train efficace, cette lecture soulevait des forces orchestrales carénées et des déflagrations orchestrales échevelées tout en conservant la noirceur des climats. L’acoustique de la salle, d’assez modestes dimensions, permettait l’audition des moindres détails d’une orchestration fignolée et suggestive. Le public réagissait avec enthousiasme à cette lecture exemplaire. Prochains rendez-vous du chef : des concerts thématiques autour de l’œuvre de William Walton et ses amis…l’audace n’a pas de limites…

Crédit photographique : John Storgårds © DR

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Helsinki, Yliopiston Juhlasali Klo. 14-IV-2010. Sunleif Rasmussen (né en 1961) : Prélude pour orchestre ; Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour piano et orchestre en la mineur op. 54 ; Arthur Honegger (1892-1955) : Symphonie n°3 « liturgique ». Henri Sigfridsson, piano ; Orchestre Philharmonique d’Helsinki, direction : John Storgårds

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