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Thomas Hauert : Free dance

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Paris. Théâtre de la Bastille. 13-IV-2010. Thomas Hauert : Accords. Conception et direction : Thomas Hauert. Création lumières et scénographie : Jan Van Gijsel. Design sonore et musique originale : Peter Van Hœsen. Musique : Vicente Amigo, roland Moser, Knut Nystedt, Sergueï Rachmaninov, Maurice Ravel, Jean C. Roché, Erik Satie, Dick Van Der Harst, Stefan Wolpe. Costumes : OWN. Régisseur Bastille : Franck Condat. Danse présentée par Thomas Hauert, Sara Ludi, Zoë Poluch, Albert Quesada, Gabriel Schenker, Samantha van Wissen et Mat Voorter


Le projet de la compagnie Zoo de est excitant : pas de chorégraphie écrite, mais des danseurs qui improvisent sur une superbe bande-son. Simple, sobre, efficace : c’est une réussite !

Trois danseurs entrent sur le plateau, puis se lancent dans le silence, un peu à la manière des danseurs de Merce Cunningham. On ne sait pas vraiment qui suit qui, quel geste est le moteur du groupe, quel danseur donne l’impulsion. Dans l’élan et l’enthousiasme du mouvement collectif, certains corps se frôlent de près, ne parvenant pas à s’éviter au dernier moment. Mais cela va vite, c’est dense… Tout au long de la pièce, les danseurs, uniformisés par un académique en résille noir porté par dessus leurs vêtements poursuivent l’expérimentation par petits ou grands groupes.

Il s’agit d’écouter le corps de l’autre et de reproduire – en simultané ou en décalé, de manière continue ou discontinue – ses mouvements dans des variations infinies. On a parfois l’impression de voir Fantasia, le film musical de Walt Disney ! Le procédé, proche du free jazz et de l’improvisation musicale, est remarquable et le résultat esthétique est fascinant. Les genres musicaux variés, de la valse à la gymnopédie permettent de multiplier les points d’entrée et donnent un rythme singulier au spectacle. Que ce soit sur des chants d’oiseaux ou des bulerias, l’intelligence des corps en mouvement est intense et jubilatoire. Ils n’ont peur de rien, testent tout et, cerise sur le gâteau, ont l’air de bien s’amuser tout en gardant leur sérieux. Le public, lui, y prend du plaisir.

Pour parvenir à cette unité stylistique, à cette aisance sur le plateau, il faut bien se connaître et avoir une grande habitude de travail en commun. On y retrouver, loin des chorégraphies savantes et figées, l’essence même de la danse : bouger spontanément pour la joie que cela procure. On se sent parfois au cœur du studio de danse suivant les images ou les indications du chorégraphe qui demande de travailler sur les appuis, la vitesse, le corps à corps. A partir d’un vocabulaire gestuel commun, certes un peu restreint, ils composent instantanément une chorégraphie collective. Ils se donnent en tout cas dans une grande générosité, une belle sincérité, qui emporte l’adhésion.

Crédit photographique : © Filip Vanzieleghem

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Paris. Théâtre de la Bastille. 13-IV-2010. Thomas Hauert : Accords. Conception et direction : Thomas Hauert. Création lumières et scénographie : Jan Van Gijsel. Design sonore et musique originale : Peter Van Hœsen. Musique : Vicente Amigo, roland Moser, Knut Nystedt, Sergueï Rachmaninov, Maurice Ravel, Jean C. Roché, Erik Satie, Dick Van Der Harst, Stefan Wolpe. Costumes : OWN. Régisseur Bastille : Franck Condat. Danse présentée par Thomas Hauert, Sara Ludi, Zoë Poluch, Albert Quesada, Gabriel Schenker, Samantha van Wissen et Mat Voorter

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