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Opération « portes ouvertes » chez Schubert

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Franz Schubert (1797-1828) : symphonie n°8 en si mineur, D. 759, symphonie n°9 en Ut majeur « La Grande », D. 944. Orchestre de chambre de Suède, direction : Thomas Dausgaard. 1 SACD BIS. Référence : 1656. Code barre : 7 318599 916569. Enregistré en octobre 2006 à Örebro en Suède. Notice de présentation en : anglais, allemand et français. Durée : 79’17

 

Avec un rythme annuel, le chef poursuit ses explorations « portes ouvertes » à la tête de son . Le concept est de revisiter, avec tout l’attirail de l’explorateur enragé, les grands chefs d’œuvres de l’époque romantique avec un orchestre moderne. L’idée est de dépoussiérer, avec une certaine brutalité, les textes musicaux pour en faire sortir les fondations et les lignes de force. Cette approche nerveuse à l’extrême vise à supprimer tout ce qu’il y a de muscles et de gras : c’est « régime pain sec et eau minérale » pour tout le monde !

Du côté des points qui méritent un grand respect : il faut reconnaître au chef une incroyable capacité à tenir sa ligne et à aller au bout de ses idées les plus extrêmes. Du côté interprétatif, cette recherche éternelle du neuf en matière d’interprétation et le côté expérimental qui ne laisse rien passer, ont largement de quoi largement énerver. Dans l’absolu, on peut aussi s’interroger sur une volonté de questionner dans ses moindres recoins une matière musicale que des chefs comme Abbado (DGG), Wand (RCA), Böhm (DGG), Bernstein (DGG), Muti (EMI) ou Harnoncourt (Teldec) ont déjà interrogé avec des résultats stratosphériques !

À notre avis, le problème est bien là avec une mise en perspective qui va parfois à l’encontre de la musique comme dans un « andante con molto » de la symphonie n°9, plus vertical et martial que dialogué dans ses échanges de vents. L’esprit paysan, bourru et pastoral de ce mouvement semble abandonné pour une prestation sportive de type « record de l’heure » qui casse le développement naturel de cette musique ; même si parfois une nuance, un accent ou une dynamique viennent titiller les neurones comme dans le dernier mouvement de cette même symphonie. La symphonie n°8 est toute aussi problématique avec ce geste brutal traversé par quelques belles teintes et alliages instrumentaux savamment dosés.

Les étudiants en direction d’orchestre et les musicologues tatillons feront, peut être, leur miel de cette version mais le reste du public restera certainement plus que dubitatif devant cette avalanche d’intention qui gâche des bonnes idées.

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Franz Schubert (1797-1828) : symphonie n°8 en si mineur, D. 759, symphonie n°9 en Ut majeur « La Grande », D. 944. Orchestre de chambre de Suède, direction : Thomas Dausgaard. 1 SACD BIS. Référence : 1656. Code barre : 7 318599 916569. Enregistré en octobre 2006 à Örebro en Suède. Notice de présentation en : anglais, allemand et français. Durée : 79’17

 
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