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San Francisco. Davies Hall. 9-V-2010. Nathaniel Stookey (né en 1970) : Junkestra. Igor Stravinsky (1882-1971) : Octuor pour instruments à vent. Serge Prokofiev (1891-1953) : Quatuor à cordes n°2 en fa majeur op. 92. Maurice Ravel (1875- 1937) : Trio avec piano en la mineur. Victor Avidenko, Raymond Frœhlich, Tom Hemphill, Rick Kvistad, Stan Muncy, Patricia Niemi, David Weiss, James Lee Wyatt III, percussions ; Tim Day, flûte ; Carey Bell, clarinette ; Steven Dibner et Rob Weir, basson ; Jeff Biancalana et Glenn Fischthal, trompette ; Timothy Higgins et Paul Welcomer, trombones ; John Chisholm et Florin Pârvulescu, violons ; Christina King, alto ; Barbara Andres, violoncelle ; Dan Carlson, violon ; Amos Yang, violoncelle ; Solon Gordon, piano

Solistes du

L’affluence aux Sunday Matinee Concerts du est surprenante. D’une part, parce qu’ils ont lieu le dimanche midi dans une région où le citoyen moyen n’habite que rarement à moins d’un Golden Gate Bridge de distance, et d’autre part, parce qu’il s’agit de musique de chambre.

Mais quand cela se passe dans le vénérable Davies Hall et que le programme commence par une pièce pour ensemble de percussions et se termine par un trio de Ravel, la réponse à la vulgarisation intelligente de la musique classique est toute trouvée.

Il y a un mélange exotique de sonorités aborigènes, africaines, naturalistes et religieuses dans le Junkestra de Nathaniel Stookey, écrit pour des objets de récupération. C’est assez rare pour l’être remarqué mais ce n’est pas l’utilisation de cages à oiseaux, vaisselle, bouteilles en plastiques ou de tuyaux de construction qui donne à cette pièce tout son intérêt. Certes, les voir sur scène maniés par huit percussionnistes est une aventure en soi mais l’architecture sonore de ces débris atteint une telle homogénéité qu’il en sort une vraie poésie.

A en juger par la technique brillante, le dialogue impétueux et le charisme cent pour cent masculin déployés dans l’Octuor de Stravinsky, Junkestra ne sera pas seule pièce à susciter des vocations. Les musiciens jouent leur rôle à la perfection, exagérant avec délectation l’esprit moqueur et malicieux des bois face à la majesté surannée des cuivres. Cette équipe soudée a saisi les ficelles de cette partition pittoresque et périlleuse allant même jusqu’à lui donner cette pointe de nonchalance qui lui va comme un gant.

Après un quatuor à cordes de Prokofiev qui a manqué d’unification stylistique et sonore malgré l’unicité des apports individuels, le trio avec piano de Ravel boucle la boucle avec panache. Le jeune et excellent pianiste manœuvre dans les eaux ravéliennes avec un instinct très sûr. Dans ce climat avenant, le violoniste colore très justement la légèreté d’un vague tourment tandis que le violoncelle, moins flexible, reste dans une approche musclée. Lorsque ce dernier cède au mouvement lancé par les deux autres, la formation est remarquable. La conclusion est moins maîtrisée mais ils ont cette étincelle qui, d’un moment à l’autre, est prête à tout enflammer.

Crédit photographique : Nathaniel Stookey © San Francisco Symphony

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San Francisco. Davies Hall. 9-V-2010. Nathaniel Stookey (né en 1970) : Junkestra. Igor Stravinsky (1882-1971) : Octuor pour instruments à vent. Serge Prokofiev (1891-1953) : Quatuor à cordes n°2 en fa majeur op. 92. Maurice Ravel (1875- 1937) : Trio avec piano en la mineur. Victor Avidenko, Raymond Frœhlich, Tom Hemphill, Rick Kvistad, Stan Muncy, Patricia Niemi, David Weiss, James Lee Wyatt III, percussions ; Tim Day, flûte ; Carey Bell, clarinette ; Steven Dibner et Rob Weir, basson ; Jeff Biancalana et Glenn Fischthal, trompette ; Timothy Higgins et Paul Welcomer, trombones ; John Chisholm et Florin Pârvulescu, violons ; Christina King, alto ; Barbara Andres, violoncelle ; Dan Carlson, violon ; Amos Yang, violoncelle ; Solon Gordon, piano

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