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Paris, Amphithéâtre Bastille. 18-V-2010. Paul Hindemith (1895-1963) : Six chansons ; Vincent Bouchot (né en 1966) : Chansons en trois lignes (création) ; Florent Schmitt (1870-1958) : En bonnes voix op. 92 ; A contre voix op. 104 ; Francis Poulenc (1899-1963) : Sept chansons. Solistes XXI : Hélène Decarpignies, Raphaële Kennedy, sopranos ; Katalin Karolyi, Lucile Richardot, mezzo sopranos ; Laurent David, Edouard Hazebrouck, ténors ; Jean-Sébastien Nicolas, Jean-Christophe Jacques, barytons, direction : Rachid Safir

Rebaptisés il y a peu Solistes XXI, les Jeunes Solistes de Rachid Safir poursuivent leur partenariat avec l’Opéra de Paris. Ils s’intéressent pour le coup à la chanson française, forme primordiale du répertoire au Moyen-âge et à la Renaissance, revivifiée au XXe siècle sur un mode humoristique ou élégiaque, mais toujours savant, puisqu’il s’agit de polyphonie a capella. Hindemith (sur des textes français de Rilke) et Poulenc (sur des poèmes d’Apollinaire et d’Eluard) retrouvent la subtile clarté des maîtres de la Renaissance. mêle des inspirations plus diverses dans deux cycles d’une haute fantaisie : rondeau médiéval, chanson folklorique, madrigal, et, sur des «syllabes de Yks», c’est-à-dire des paroles du compositeur lui-même, mélodie fantastique ou burlesque. Certaines pièces sont de petits chefs-d’œuvre, comme la valse «Tournez s’il vous plaît», la touchante Mort du rossignol, ou le cocasse Passant de Passy, entre Satie et Queneau. L’utilisation de sons à bouche fermée (par exemple pour suggérer le rire lascif des jeunes filles dans «On dit que») et d’onomatopées (pour annoncer la première syllabe des phrases) annonce la panoplie dont fait largement usage dans sa nouvelle œuvre : on y voit les artistes se frapper la poitrine en chantant pour évoquer un phtisique, ou bégayer pour mimer une apoplexie. Sur une commande du Mécénat musical de la Société Générale, le compositeur a en effet mis en musique quelques unes des Nouvelles en trois lignes rédigées en 1906 par Félix Fénéon pour une rubrique du Matin. Ce sont des faits divers macabres, narrés en une ou deux phrases, dans un style pince-sans-rire. trouve le ton juste, fumiste et virtuose, avec des jeux de forme et de bruitages qui font toujours mouche : les soupirs boulevardiers des Deux Eugène ou les tournes suspensives du Bijoutier et sa femme sont hilarants. Est-il nécessaire de signaler que les Solistes XXI atteignent le plus haut niveau en termes de précision et de finesse du chant ? Tous les timbres ne sont pas d’une beauté ni d’un volume égal, et pourtant chacun joue son rôle dans un parfait équilibre, maintenu par avec un sens des contrastes et une souplesse admirables.

Crédit photographique : © Guy Vivien

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Paris, Amphithéâtre Bastille. 18-V-2010. Paul Hindemith (1895-1963) : Six chansons ; Vincent Bouchot (né en 1966) : Chansons en trois lignes (création) ; Florent Schmitt (1870-1958) : En bonnes voix op. 92 ; A contre voix op. 104 ; Francis Poulenc (1899-1963) : Sept chansons. Solistes XXI : Hélène Decarpignies, Raphaële Kennedy, sopranos ; Katalin Karolyi, Lucile Richardot, mezzo sopranos ; Laurent David, Edouard Hazebrouck, ténors ; Jean-Sébastien Nicolas, Jean-Christophe Jacques, barytons, direction : Rachid Safir

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