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Andromaque de Grétry, chef d’œuvre cherche interprètes

La Scène, Opéra, Opéras

Montpellier, Opéra-Comédie. 13-VII-2010. André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813) : Andromaque, tragédie lyrique en 3 actes sur un livret de Louis-Guillaume Pitra. Mise en scène : Georges Lavaudant. Décors et costumes : Jean-Pierre Vergier. Avec : Judith van Wanroij, Andromaque ; Maria Riccarda Wesseling, Hermione ; Sébastien Guèze, Pyrrhus ; Tassis Christoyannis, Oreste ; Kirsten Drope, une grecque ; Frank Bossert, un grec ; Torsten Müller, Phoenix. SWR Vocalensemble Stuttgart (chef de choeur : Denis Comtet), Le Concert Spirituel, direction : Hervé Niquet

Andromaque, la révélation de la saison, commence à être connue : en concert à Paris et Bruxelles, puis en disque, il ne manquait plus que la version scénique. D’une manière générale, on retrouve Grétry ces dernières années, connu jusqu’ici par le biais de La Dame de pique de Tchaïkovski.

A n’en pas douter, Andromaque est un chef d’œuvre. Peu de vocalises, pas d’aria da capo, des numéros courts qui s’enchaînent les uns aux autres, pas de danses, favorisant ainsi une action resserrée entre quatre personnages. L’orchestration est colorée, certains enchainements harmoniques sont surprenants, l’écriture vocale est très lyrique, les chœurs omniprésents, on se retrouve réellement devant un ancêtre direct des Troyens de Berlioz. Ancêtre qui relie idéalement Gluck et le style galant français, qui fut incompris en son temps, d’où son oubli progressif après sa création.

Mais voilà… est-elle Andromaque ? Il faut succéder à . La soprano a la voix du rôle, mais pêche par une prononciation exotique du français, avec des e muets bien trop appuyés. se sort avec les honneurs de la tessiture impossible d’Hermione et ne tombe pas dans la facilité d’en faire une hystérique hurlante. peine à trouver ses marques en début de représentation mais se rattrape par la suite avec une très poignante scène de folie. Le véritable point faible de la distribution est , qui force sans cesse ses moyens, détimbre et détonne régulièrement. Le chpeur (le SWR Vocalensemble de Stuttgart) domine aisément la partition par une présence musicale constante et une prononciation soignée. Présence musicale seulement, car le metteur en scène a eu la curieuse idée de le confiner dans la fosse.

La mise en scène, parlons-en. Très statique, centrée sur les personnage, elle vire au grand guignolesque avec le faux effet de décomposition du corps d’Hector ainsi que de l’omniprésence de figurants, confinant au ridicule. La direction d’orchestre est malheureusement du même acabit : la battue sèche d’ ne favorise pas les chanteurs, braille, couvre la scène, sonne faux de bout en bout et les décalages sont légions.

Andromaque est un chef d’œuvre qui cherche encore ses interprètes.

Crédit photographique : (Andromaque) ; (Oreste) © Marc Ginot

 

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