Gustave Nadaud, l’esprit des chansons de salon reconstitué

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Gustave Nadaud (1820-1893) : La vie moderne, L’aimable voleur, La femme du pompier, Le Feu, Satan marié, Le Cigare, La Faculté, La Bouche et l’Oreille, L’Ame qui chante, Les ruines de Paris, Le coucher, Mon nez, Les lamentations d’un réverbère, Mon claqueur, Les noces du Soleil et de la Terre, La mouche de Monsieur Letortu, Pandore. Arnaud Marzorati, chant et direction ; Daniel Isoir, piano ; Stéphane Paulet, violon ; Alexandre Chabod, clarinette ; Paul Carlioz, violoncelle. 1 CD Alpha, ALPHA160 ; enregistré en juin 2009, à la ferme de Villefavard en Limousin, France. Code Barre : 3 760014 191602. Livret en français et en anglais. Durée totale : 74’42”

 

, dont le nom est aujourd’hui peu connu, fut un poète et compositeur de chansons très prolifique. Né à Roubaix, il fréquenta les cercles littéraires parisiens dès 1843 et sa première gloire date de cette période, avec un immense succès dans les salons. Il écrit ses propres musiques sur ses poèmes, pratique quasiment inédite à l’époque, car habituellement, les chansonniers mettaient d’autres poèmes de leur création sur des mélodies connues. Sous le Second Empire, il est l’une des grandes notoriétés dans le domaine, au même titre que Béranger. Il garde toujours un esprit ouvert, produisant des pièces de tous genres et de tendances politiques assez diverses.

, fervent défenseur, entre autres, du répertoire de la fin du XIXe siècle, s’attaque à Nadaud. Il privilège la ligne mélodique et les paroles mises en avant par le compositeur. Pour cela, lui et ses amis reconsidèrent l’accompagnement, dans l’esprit d’improvisation de cette époque, en choisissant les instruments de musique de chambre les plus fréquents dans les salons bourgeois. Ainsi, leurs « inventions » musicales sont tout à fait ingénieuses, notamment dans Satan marié et Le Feu, véritables contes chantés avec une « mise en scène » à la fois drôle et pathétique, sans parler de subtiles allusions musicales dans la partie instrumentale. Le poème de l’Ame qui chante (entièrement) et Les Lamentations d’un réverbère (partiellement) est dit avec délicatesse, dans une tradition qui nous sera retransmise plus tard par Yvette Guilbert et autres « diseurs ». L’atmosphère créée par Marzorati pour chaque chanson est parfaitement adéquate, complètement différente à chaque fois, et nous sommes tout simplement émerveillés devant une telle inspiration créative. Fin acteur, il met également son talent en valeur, en particulier dans Mon nez, La mouche de Monsieur Letortu et Pandore ou les deux gendarmes (la fin en est vraiment exquise), l’une des plus célèbres chansons de Nadaud.

Ce disque reconstitue l’esprit des chansons françaises du XIXe siècle et contribuera à coup sûr à la pérennisation de leur tradition par son excellente qualité musicale.

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