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Musique de chambre avec vents de Francis Poulenc, l’alliance du sublime et du grotesque

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Francis Poulenc (1899-1963) : Un joueur de flûte berce les ruines ; Sonate pour deux clarinettes op. 7 ; Sonate pour clarinette et basson op. 32 ; Sonate pour cor, trompette et trombone op. 33 ; Sonate pour flûte et piano op. 164 ; Sonate pour clarinette et piano op. 184 ; Sonate pour hautbois et piano op. 185 ; Trio pour piano, hautbois et basson op. 43 ; Sextuor pour piano, flûte, hautbois, clarinette, basson et cor op. 64 ; Elégie pour cor et piano. Claire Désert, Emmanuel Strosser, piano. Solistes de l’Orchestre de Paris : Philippe Berrod, Olivier Derbesse, clarinettes ; André Cazalet, Francis Orval, cor ; Guillaume Cottet-Dumoulin, trombone ; Alexandre Gattet, hautbois ; Vincent Lucas, flûte ; Frédéric Mellardi, trompette ; Marc Trenel, basson. 2 CD Indésens. Référence et code barre : 3 760039 839367. Livret bilingue (français, anglais). Durée totale : 1h25’

 

Les solistes de l’ continuent leur fructueuse collaboration avec le label Indesens. Après Saint-Saëns, c’est au tour de Poulenc d’avoir droit à son intégrale de musique de chambre avec vents. On peut diviser ce corpus en deux périodes ; nous en ajouterons une troisième : les sonates de jeunesse, une période médiane avec le Trio et le Sextuor, et bien sûr les sonates de la maturité. Le tout forme un ensemble d’une extrême hétérogénéité, dont on dira en paraphrasant Hugo qu’il est « l’alliance du sublime et du grotesque », voire même parfois du trivial … En tous cas, cette musique ne laisse pas de surprendre par ces brusques sautes d’humeur, ces fulgurances éthérées, ces quasi-chansons à boire, qui se succèdent à une allure telle qu’on se croirait pris dans le tourbillon d’une fête foraine.

Pour la grande majorité des musiciens autant que des mélomanes néanmoins, Poulenc c’est avant tout les trois dernières sonates, avec leurs thèmes qu’on jugera tour à tour accrocheurs, agréables ou franchement énervants. Pour servir ces tubes en puissance, les interprètes se montrent des musiciens raffinés, à l’image des subtils pianissimi que trouve dans l’Allegro tristamente, ou de la fureur nasillarde d’ dans l’Elégie. Le tout est accompagné avec un grand art par , qui volerai presque parfois la palme de l’expressivité aux solistes, tant son toucher possède de nuances ! Le Trio et la Sextuor, confiés au piano de , dressent un portrait tour à tour frivole, mondain et angoissé du compositeur. L’Allegro vivace du Sextuor possède ainsi une violence crue que les interprètes saisissent à bras le corps cependant que le Finale a des allures d’élégante se pavanant à Monte Carlo.

En dépit des nombreuses qualités déjà mentionnées, ce qui fait l’intérêt de cet enregistrement ce sont les quatre autres sonates, de jeunesse, moins connues, qui nous révèlent un Poulenc à l’écoute de la musique de son temps, et notamment bien sûr de Stravinsky. Comment ne pas entendre Pétrouchka dans la Sonate pour deux clarinettes ? Il est curieux de constater, d’ailleurs, que dans ces œuvres sans piano, le compositeur va à l’essentiel, quitte à frôler l’aridité. Aride, cette musique singulière et attachante pourrait facilement le devenir, n’était le soin amoureux avec lequel les musiciens la servent. En marge de ces grandes pièces, deux curiosités : un inédit, Un joueur de flûte berce les ruines avec son titre à la Debussy, et l’Élégie pour cor. Si la première est tout au plus touchante, la seconde en revanche se révèle tout à fait intéressante, et permet à de nous montrer quelques unes de ses qualités.

En conclusion, on peut affirmer sans prendre trop de risques que cette intégrale ravira les amoureux de la musique de Poulenc, qui trouve parmi les solistes de l’ des interprètes non seulement en pleine possession de leurs moyens, mais également inspirés.

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Francis Poulenc (1899-1963) : Un joueur de flûte berce les ruines ; Sonate pour deux clarinettes op. 7 ; Sonate pour clarinette et basson op. 32 ; Sonate pour cor, trompette et trombone op. 33 ; Sonate pour flûte et piano op. 164 ; Sonate pour clarinette et piano op. 184 ; Sonate pour hautbois et piano op. 185 ; Trio pour piano, hautbois et basson op. 43 ; Sextuor pour piano, flûte, hautbois, clarinette, basson et cor op. 64 ; Elégie pour cor et piano. Claire Désert, Emmanuel Strosser, piano. Solistes de l’Orchestre de Paris : Philippe Berrod, Olivier Derbesse, clarinettes ; André Cazalet, Francis Orval, cor ; Guillaume Cottet-Dumoulin, trombone ; Alexandre Gattet, hautbois ; Vincent Lucas, flûte ; Frédéric Mellardi, trompette ; Marc Trenel, basson. 2 CD Indésens. Référence et code barre : 3 760039 839367. Livret bilingue (français, anglais). Durée totale : 1h25’

 
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