Political Mother de Hofef Shechter : Explosif

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Théâtre de la Ville. 21/IX/10. Hofesh Shechter Company : Political Mother. Chorégraphie et musique : Hofesh Shechter. Collaboration musicale : Nell Catchpole et Yaron Engler. Musique additionnelle : Jean-Sébastien Bach, Cliff Martinez, Sergio Mendes, Joni Mitchell, Verdi. Lumières : Lee Curran. Costumes : Merle Hensel. Son : Tony Birch. Avec Maëva Berthelot, Winifred Burnet-Smith, Chien-Ming Chang, Katherine Cowie, James Finnemore, Bruno Karim Guillore, Philip Hulford, Jason Jacobs, Sita Ostheimer, Hannah Shepherd. Musiciens : Yaron Engler, Joseph Ashwin, Jœl Harries, Edward Hoare, Norman Jankowski, James Keane, Vincenzo Lamagna, Andrew Maddick. Invité exceptionnel : Leon Baugh.

Pamphlet politique ou vision totalitaire ? Le jeune chorégraphe israélien n’a peur de rien dans ce ballet « coup de poing » pour dix danseurs et neuf musiciens.

Dans une ambiance de concert de heavy metal (guitares et tambours amplifiés), sursaturé de sons, Hofesh Shechter – qui signe à la fois la musique et la chorégraphie – noie ses danseurs sous les décibels. Dans des éclairages crus, voilés de la brume des fumigènes, il met en scène un peuple asservi par un dictateur omnipotent. Au cours de figures collectives, essentiellement rythmiques et basées sur l’énergie, les danseurs passent du rituel hypnotique à la préparation guerrière.

La scénographie, pourtant très basique, ménage des effets dramatiques tout au long du spectacle. En fond de scène, des niches accueillent les batteurs, éclairés par derrière, tandis que le haut de la tribune est réservé aux guitaristes et aux éructations tonitruantes de l’orateur, magnifié tel un chanteur de rock au Stade de France. Las, bien que spectaculaires, les grands effets ne suffisent pas à doper un spectacle.

Le jeune chorégraphe israélien, formé à Jérusalem et désormais installé à Londres, conjugue l’abattage de la Batsheva – sa compagnie d’origine – et le côté « brut de décoffrage » des chorégraphes flamands (Alain Platel, Sidi Larbi Cherkaoui…). Mais son manque de subtilité chorégraphique, l’absence de contact entre le plateau et les musiciens et surtout le fait qu’il « oublie » de faire appel à l’intelligence du spectateur, amoindrissent l’intérêt du spectacle présenté en ouverture de saison du Théâtre de la Ville. Beaucoup de bruit pour rien…

Crédit photographique : © Tom Medwell

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