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Jean-Guihen Queyras / Resonanz, la bonne intelligence

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Paris, Théâtre des Bouffes du Nord. 04-X-2010. Hans Werner Henze (né en 1926) : Introduction, thème et variations pour violoncelle, harpe et cordes ; Joseph Haydn (1732-1809) : Concerto pour violoncelle n° 2 en ré majeur op. 101 ; Gustav Mahler (1860-1911) : Adagietto (extrait de la Symphonie n° 5 en do dièse mineur) ; Alban Berg (1885-1935) : Suite lyrique (orchestration du compositeur, complétée par Theo Verbey). Ensemble Resonanz, violoncelle et direction : Jean-Guihen Queyras

Le Concerto de Haydn comme antidote à la «passion» qui caractérise Mahler, Berg et Henze ? La note de programme se donne beaucoup de peine pour trouver une cohérence d’ensemble qui n’est sans doute pas nécessaire, surtout à un tel niveau d’excellence. Composée en 1992, l’Introduction de demeure relativement accessible, portée par la sonorité étonnamment limpide du violoncelle, dépourvue de la moindre stridence comme de toute agressivité. Dans le Concerto de Haydn, l’articulation magistrale des traits maintient une élégance certainement préférable à une virtuosité échevelée et sans esprit. pousse d’ailleurs l’esprit jusqu’à la malice dans la cadence du troisième mouvement, qui s’égare un bref instant pour souhaiter l’anniversaire d’un des musiciens. Le violoncelliste conduit de l’archet un ensemble d’une vingtaine de cordes, augmenté dans le Concerto de deux cors et de deux hautbois. Sans souci d’authenticité, le jeu des instrumentistes peut sembler un peu timide à force de légèreté et de teintes trop neutres. Une impression largement compensée par l’écoute réciproque de l’ensemble et du soliste, permettant à chaque tutti de relancer le discours avec une spontanéité frappante.

Pour la seconde partie, entre dans le rang des violoncelles. Le fameux Adagietto de Mahler trouve sa dynamique dans des contrastes bien affirmés, même si l’enivrement des couleurs manque toujours. Aux trois mouvements de la Suite lyrique arrangés par Berg (les n°2, 3 et 4), le compositeur hollandais Theo Verbey a ajouté les trois parties restantes, un travail joué pour la première fois en France, bien qu’il date de 2006. Le résultat, tout à fait convaincant, profite de l’homogénéité du geste collectif, préservant la clarté de la polyphonie, la fluidité du mouvement, et même l’émouvante nudité du Largo desolato. La résidence de Jean-Guihen Queyras auprès de l’ commence sous les meilleurs auspices.

Crédit photographique : Jean-Guihen Queyras © Alvaro Yanez

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Paris, Théâtre des Bouffes du Nord. 04-X-2010. Hans Werner Henze (né en 1926) : Introduction, thème et variations pour violoncelle, harpe et cordes ; Joseph Haydn (1732-1809) : Concerto pour violoncelle n° 2 en ré majeur op. 101 ; Gustav Mahler (1860-1911) : Adagietto (extrait de la Symphonie n° 5 en do dièse mineur) ; Alban Berg (1885-1935) : Suite lyrique (orchestration du compositeur, complétée par Theo Verbey). Ensemble Resonanz, violoncelle et direction : Jean-Guihen Queyras

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