Un Purcell bien sage par Leonardo García-Alarcón

À emporter, CD, Opéra

Henry Purcell (1659-1695) : Dido and Aeneas. Solenn’ Lavanant-Linke, Dido ; Alejandro Meerapfel, Aeneas ; Yeree Suh, Belinda ; Fabián Schofrin, Sorceress ; Cappella Mediterranea ; Nouvelle Ménestrandie, direction : Leonardo García Alarcón. 1 CD Ambronay AMY022. Code barre : 3760135100224. Enregistré en 2009. Livret trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 52’55

 

, disciple de Gabriel Garrido, est particulièrement présent au disque, cette nouvelle version de l’opéra Didon et Enée étant le quatrième enregistrement de ce chef paraissant en l’espace d’un an (après Strozzi, Haendel et Frescobaldi) !

Comme d’habitude, le talentueux chef argentin s’entoure ici d’une jeune équipe d’instrumentistes et de chanteurs, mais, après la dynamite venue du froid (la version de Teodor Currentzis, chez Alpha), ce qu’on entend ici manque de caractère, surtout de la part des rôles principaux. Un mystère plane sur la datation et les circonstances de la création de cet opéra. García Alarcón opte lui pour une vision de l’œuvre telle qu’elle a pu être montée dans le collège de jeunes filles de Josias Priest à Chelsea en 1689, la source dont on dispose aujourd’hui (mais quid du rôle d’Enée ?), et même si des musicologues ont émis au début des années 1990 l’hypothèse que la création serait antérieure (à la cour de Charles II d’Angleterre en 1683 ou 1684).

Le soin porté à la réalisation, un orchestre renforcé par quelques instruments à vent sonnant fort bien, l’homogénéité de la jeune distribution vocale, tout cela est à mettre à l’actif de cette nouvelle version. Mais l’ensemble, interprété sans traîner, manque singulièrement de spectaculaire, de poids dramatique, de théâtre, d’émotion. est une Didon fragile mais guère bouleversante, notamment dans le célèbre lamento When I am laid in earth. Les scènes de sorcières (deuxième et troisième acte) détonnent heureusement : elles sont sarcastiques à souhait mais pas toujours du meilleur goût. La prononciation de l’anglais est par ailleurs perfectible, comme c’était déjà le cas dans le Judas Maccabeus de Haendel enregistré par le même chef.

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