À emporter, CD, Musique symphonique

Fritz Busch d’après-guerre

Plus de détails

Felix Mendelssohn (1809-1847) : La Belle Mélusine, ouverture op. 32 ; Scherzo de l’Octuor à cordes en mi bémol majeur op. 20 (version orchestrale). Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Egmont, ouverture op. 84. Franz Schubert (1797-1828) : Suite de Danses pour orchestre (arrangement : Fritz Busch). Richard Wagner (1813-1883) : Tristan und Isolde : Prelude & Liebestod ; Die Meistersinger von Nürnberg : Prélude de l’acte III, Danse des Apprentis, Procession des Maîtres Chanteurs. Hugo Alfvén (1872-1960) : Rhapsodie Suédoise n°1 « Midsommarvaka » op. 19. Sinfonie-Orchester Winterthur, Los Angeles Philharmonic Orchestra, Konserthus Stiftelsens Orkester Malmö, direction : Fritz Busch. 1 CD Guild Historical GHCD2366. Code barre : 795754236620. Enregistré entre le 10 mars 1946 et le 30 octobre 1949 au Stadthaus, Winterthur, en la Salle de Fête de l’Alhambra High School, Los Angeles, et au Stadsteater, Malmö. ADD [mono]. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 78’56.

 

Si bien des labels s’adonnent constamment à la réédition de toujours les mêmes gravures historiques avec plus ou moins de bonheur dans la restitution sonore, quelques uns font preuve de plus d’imagination. C’est le cas de Guild Historical dont le catalogue comporte actuellement quelque 93 albums, et qui a entrepris non seulement de remettre en circulation certains enregistrements studio de , mais également quelques-uns de ses concerts publics. En cela, Guild contribue substantiellement à une meilleure compréhension de l’art du grand chef allemand, et même à le préserver d’un oubli relatif, sa discographie « officielle » en studio étant plutôt clairsemée.

(1890-1951) fait partie d’une famille de musiciens qui comprend notamment le remarquable violoniste et chambriste Adolf Busch (1891-1952) dont il est le frère aîné. Fritz, de son côté, se rendit célèbre en devenant l’un des fondateurs du légendaire Festival de Glyndebourne et son directeur musical de 1934 à 1939, et de 1950 à 1951, périodes durant lesquelles il enregistre avec cette équipe particulièrement homogène certains opéras intégraux de Mozart qui sont autant de premières au disque, et que nombre de mélomanes estiment toujours être la référence absolue : Così fan tutte, Don Giovanni, Le Nozze di Figaro, puis début des années 50, Die Entführung aus dem Serail et Idomeneo, Rè di Creta. Il s’impose ainsi comme l’une des plus pures figures mozartiennes de tous les temps.

C’est également Fritz Busch qui fut choisi pour diriger le mémorable concert du 10 décembre 1950 au Metropolitan Opera House de New York, en célébration du deuxième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies, avec l’exceptionnelle participation de la contralto afro-américaine et du pianiste chilien (Guild GHCD2354).

Toutefois l’œuvre lyrique de Mozart n’était pas le seul point fort de Fritz Busch, et le présent disque le démontre de manière péremptoire : le programme proposé est non seulement des plus délectables, mais est aussi interprété de façon magistrale, tout en offrant un condensé de la carrière internationale du grand chef d’orchestre.

Les deux pages de Mendelssohn montrent ce qu’un musicien de la trempe de Fritz Busch pouvait obtenir d’un label et d’un orchestre de second plan mais qui comptait d’excellents musiciens : n’étant plus sous contrat EMI, Busch s’associa à la Concert Hall Society pour quelques gravures studio en septembre 1949 avec l’Orchestre Symphonique de Winterthur (alors nommé Stadtorchester Winterthur – Orchestre Municipal de Winterthur), probablement sous l’impulsion du légendaire brucknérien Volkmar Andreae. Il semble avoir été particulièrement heureux de ces sessions d’enregistrement, et cela s’entend dans ces merveilleuses interprétations mendelssohniennes, toutes en finesse et d’une sensibilité poétique raffinée.

En mars 1946, Fritz Busch se rendit pour la première fois à Los Angeles pour une série de concerts desquels la NBC retransmit une partie de celui du 10 mars. C’est cette radiodiffusion que nous retrouvons ici, concernant des œuvres de Beethoven, Schubert et Wagner. Les pages de Schubert sont particulièrement précieuses, car elles constituent un des trop rares témoignages du talent d’orchestrateur de Busch même : Polonaise D. 599 n°4 ; Écossaises D. 145 n°1 à 6 ; Trio (d’un Menuet supposé perdu) D. 610 ; Douze Valses Nobles D. 969. Le concert reçut les plus vifs éloges du public et de la critique, et cela se comprend lorsque l’on écoute, par exemple, les extraits orchestraux wagnériens d’une somptuosité et pourtant d’une lisibilité rarement égalées.

En ce qui concerne Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg, Guild mentionne les Prélude et Interlude de l’acte III. Précisons qu’il s’agit du Prélude de l’acte III, la Danse des Apprentis et la Procession des Maîtres Chanteurs.

On n’attendait guère le germanique Fritz Busch dans la pétillante Rhapsodie Suédoise n°1 « Midsommarvaka » (Nuit de la Saint-Jean) d’Hugo Alfvén, œuvre qui fit le tour du monde en des arrangements de variété plus ou moins contestables : c’est oublier les relations d’amitié privilégiées qu’entretenait Busch avec la Suède (et le Danemark). Il n’est donc pas étonnant que notre chef se soit laissé aller à une interprétation débridée, extravertie et absolument enthousiasmante de cette page populaire, tout en ménageant des oasis d’intense poésie dans sa partie centrale : c’est l’une des versions les plus convaincantes de cette œuvre pittoresque.

La réalisation technique de ce CD d’une importance capitale et généreux a su préserver au mieux un maximum de caractéristiques sonores des documents originaux, ce qui nous vaut un concert de qualité exceptionnelle.

Signalons pour terminer l’article exhaustif sur Wikipédia français consacré à Fritz Busch, et rappelons les disques précédents qui lui sont dévolus chez Guild Historical : GHCD2339 (Haydn, Mozart) ; GHCD2343 (Beethoven) ; GHCD2352 (Mozart, Schubert) ; GHCD2354 (Dvořák, Brahms, Chopin, Beethoven) ; GHCD2356 (Richard Strauss, Mozart).

Plus de détails

Felix Mendelssohn (1809-1847) : La Belle Mélusine, ouverture op. 32 ; Scherzo de l’Octuor à cordes en mi bémol majeur op. 20 (version orchestrale). Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Egmont, ouverture op. 84. Franz Schubert (1797-1828) : Suite de Danses pour orchestre (arrangement : Fritz Busch). Richard Wagner (1813-1883) : Tristan und Isolde : Prelude & Liebestod ; Die Meistersinger von Nürnberg : Prélude de l’acte III, Danse des Apprentis, Procession des Maîtres Chanteurs. Hugo Alfvén (1872-1960) : Rhapsodie Suédoise n°1 « Midsommarvaka » op. 19. Sinfonie-Orchester Winterthur, Los Angeles Philharmonic Orchestra, Konserthus Stiftelsens Orkester Malmö, direction : Fritz Busch. 1 CD Guild Historical GHCD2366. Code barre : 795754236620. Enregistré entre le 10 mars 1946 et le 30 octobre 1949 au Stadthaus, Winterthur, en la Salle de Fête de l’Alhambra High School, Los Angeles, et au Stadsteater, Malmö. ADD [mono]. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 78’56.

 
Mots-clefs de cet article

Banniere-ClefsResmu-ok

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.