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Paavo Järvi à l’heure russe avec Vadim Repin !

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Paris. Salle Pleyel. 14-10-2010. Paul Dukas (1875-1935) : L’Apprenti sorcier ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour violon n°1 en la mineur op. 77 ; Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Deuxième symphonie en mi mineur op. 27. Vadim Repin, violon. Orchestre de Paris, direction : Paavo Järvi.

fait naître beaucoup d’enthousiasme autour de sa récente nomination en qualité de directeur musical de l’. Il est vrai que la fin de l’ère Eschenbach avait donné lieu à certaines critiques, qui considéraient que l’orchestre était devenue une belle endormie. Cette soirée devait confirmer une fois de plus qu’il n’en était rien.

D’entrée de jeu, l’Apprenti sorcier est saisi à bras le corps par les forces en présence. Ça rêve, ça fulmine, les bassons sont idéaux … ça comble, assurément. fait le choix de marquer les contrastes, ce qui donne encore un surcroît de vie au tout. Seul petit bémol, cependant, le grand tutti de la fin retombe un peu trop vite ; le frisson est tout de même là.

Ce qu’une bonne partie du public attendait, ce n’était pas la performance de l’orchestre, mais celle du soliste invité, . Pensez donc, le panthéon du violon qui stoppe sa course à Pleyel, il ne faut pas rater cela ! Tour à tour timide et scrutateur, s’empare du Concerto de Chostakovitch avec conviction ; son jeu est sûr, les contours sont francs, les traits absolument maîtrisés … reste que l’œuvre ne marche pas. D’une durée de plus d’une demi-heure, on cherchera en vain la moindre mélodie à laquelle on puisse se raccrocher : le premier mouvement formaliste en diable est basé sur l’intervalle du demi ton, le Scherzo qui suit défie l’entendement, il faut attendre la Passacaille pour avoir un semblant de mélodie. Certainement le moment le plus réussi de la partition d’ailleurs, ce mouvement est le lieu de trouvailles d’instrumentation et d’épanchement, avant que la cadence soliste parfaitement échevelée ne vienne déconstruire tout cela, annonçant un final absurde tant il est prolixe. Au passage, on aura reconnu quelques motifs empruntés au collègue Khatchaturian – plus par méchanceté que par hommage. Qu’en penser ? On tombera d’accord avec les bribes de conversation glanées pendant l’entracte : «c’était bien, quand même

Pour finir, Paavo Järvi n’avait pas fait le choix de la légèreté, qui aurait pourtant été la bienvenue. La Symphonie de Rachmaninov semblait ainsi une énorme pièce montée : c’est bon, mais on n’a plus faim. Reste que l’orchestre est irréprochable, la direction assumée d’un bout à l’autre, et la musique indéniablement inspirée, qui donne l’occasion à de faire ressortir les infinies nuances de sa clarinette dans le troisième mouvement. Las ! Une bonne partie du parterre avait déjà regagné ses pénates, à la suite de .

Crédit photographique : Vadim Repin © Mikhail Vaneev

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Paris. Salle Pleyel. 14-10-2010. Paul Dukas (1875-1935) : L’Apprenti sorcier ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour violon n°1 en la mineur op. 77 ; Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Deuxième symphonie en mi mineur op. 27. Vadim Repin, violon. Orchestre de Paris, direction : Paavo Järvi.

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