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Tout va bien : Alain Buffard joue à la guerre

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Paris. Centre Georges Pompidou, dans le cadre du Festival d’Automne. 13/X/10. Alain Buffard : Tout va bien. Chorégraphie et mise en scène : Alain Buffard. Assistante : Fanny de Chaillé. Fabrication et interprétation : Lorenzo de Angelis, Raphaëlle Delaunay, Armelle Dousset, Jean-Claude Nelson, Olivier Normand, Tamar Shelef, Betty Tchomanga, Lise Vermot. Adaptation des thèmes à l’accordéon : Armelle Dousset. Lumière : Yves Godin. Costumes : Misha Ishibashi.

La guerre, comme si vous y étiez ! Avec une troupe bourrée de talent, brosse une charge burlesque et subversive contre l’humiliation militaire. Un opus au fort potentiel commercial qui demande encore quelques réglages.

L’humiliation de l’entraînement militaire, version burlesque, où les insultes et les ordres ont étrangement le nom d’exercices de Pilates, voici la charge que propose le chorégraphe dans ce nouveau spectacle créé cet été au festival Montpellier Danse. La contrainte, la domination ou la soumission y sont abordées sous la forme de saynètes ou de tableaux vivants. Racisme, homophobie, pour ces gamins qui jouent à la guerre, tout est bon pour éructer et enchaîner blagues de potaches dans une ambiance de chambrée. Etonnante image que celle de ces jeunes gens en fixe-chaussettes et porte-jarretelles, qui frappent le sol avec rage et détermination dans des séquences trépidantes.

L’intention subversive de Tout va bien souffre néanmoins d’une réalisation insuffisamment maîtrisée et d’un rythme irrégulier dans le déroulement du spectacle. Beaucoup de thématiques intéressantes, comme le genre du cabaret ou l’emprise de la religion, sont seulement effleurées, alors qu’elles auraient pu être davantage exploitées. Hyper conceptuel dans sa première partie, qui joue sur les ombres et le clair obscur avec des coiffes en forme d’excroissance, ou offre un véritable ballet de fantassins mené tambour battant, le spectacle se transforme progressivement en une fresque multiculturelle plutôt sympathique, dotée d’un indéniable potentiel commercial. Nous ne sommes parfois pas loin d’ et de ses compères des Ballets C. de la B. C’est du moins ce qu’évoque le tableau final où des chemises blanches lancées des coulisses jonchent le plateau.

Le spectacle emporte néanmoins l’adhésion grâce à l’enthousiasme et l’engagement des interprètes, dont certains sont encore très jeunes. Bourrés de talent, ils sont à la fois acteurs, chanteurs et danseurs, comme dans une comédie musicale américaine. Alain Buffard aime ces interprètes capables de chanter sur plusieurs registres et de jouer la comédie, telles et dont il avait fait son miel dans le mémorable (Not) a love song en 2008. Faisant montre d’un véritable savoir-faire et d’une inspiration renouvelée, Alain Buffard deviendrait-il un auteur à succès ? C’est tout ce que nous lui souhaitons…

 

Crédit photographique © Marc Domage

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Paris. Centre Georges Pompidou, dans le cadre du Festival d’Automne. 13/X/10. Alain Buffard : Tout va bien. Chorégraphie et mise en scène : Alain Buffard. Assistante : Fanny de Chaillé. Fabrication et interprétation : Lorenzo de Angelis, Raphaëlle Delaunay, Armelle Dousset, Jean-Claude Nelson, Olivier Normand, Tamar Shelef, Betty Tchomanga, Lise Vermot. Adaptation des thèmes à l’accordéon : Armelle Dousset. Lumière : Yves Godin. Costumes : Misha Ishibashi.

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