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Walton à Lille, de l’anglais mais à la française !

À emporter, CD, Musique symphonique

William Walton (1902-1983) : Symphonies n° 1 et 2. Orchestre National de Lille, dir. Owain Arwel Hughes. 1 CD BIS-SACD-1646. Code barre : 7 31899 916460. Enregistré à l’Auditorium du Nouveau Siècle, Lille en octobre 2008. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 70’41

 

 : enfant terrible de la musique britannique ? Que les mentalités ont changé en moins d’un siècle ! A vingt ans seulement sa musique de ballet Façade lui apporte le succès par le scandale bien que suivent échecs et rejets pour cet orchestrateur brillant bien que souvent extérieur. Des victoires également. Hindemith crée son Concerto pour alto aux «Promenades Concerts» en 1929. Cette œuvre phare de son catalogue met en avant ses riches qualités mélodiques et rythmiques ainsi que lyriques parfois. Rappelons encore que Jasha Heifetz joue son Concerto pour violon à Cleveland (1939) et que Igor Piatigorsky donne vie à son Concerto pour violoncelle à Boston en 1957 sous la direction de Charles Munch. Ses deux symphonies sont écrites à vingt-cinq ans de distance.

La Première élaborée dans les années 1934-1935 affiche d’évidentes qualités dynamiques et rythmiques et aussi un zeste de lyrisme un peu froid dénué de tout pathos. On écoute-là une musique tonale, parfois agrémentée de tournures personnelles qui se positionne globalement dans un courant néo-classique vif et brillant, trop rarement attachant, si réellement habité. La Seconde date des années 1957-1960, elle porte les traces d’une avancée vers l’atonalité et un hommage, tardif certes, à la révolution sérielle instaurée par Schœnberg, quatre décennies plus tôt. Si sa notoriété, britannique principalement, repose largement sur plusieurs partitions destinées à la voix (on songe à l’impact de l’oratorio Belshazzar’s Feast), c’est bien à l’orchestre qu’il confie ses plus avantageuses inventions. Sans jamais atteindre la renommée de son compatriote Benjamin Britten (1913-1976), il dépasse au plan du style les catalogues si attachants d’Eward Elgar (1857-1932) et de Ralph Vaughan-Williams (1872-1958). Considéré comme quasiment autodidacte, Walton s’appuie sur la tradition romantique, au sens très large du terme, lui injecte un peu de saveur trop souvent neutralisée par une rigueur formelle quelque peu asséchante et crue.

Pour soutenir cette production peu fréquentée chez les francophones, l’ dirigé par  ne manque pas de nous étonner par sa présence, son engagement et la qualité remarquable de son interprétation. Assurément, le chef gallois ramasse sa part d’éloges, habitué et doué, on le sait, dans la défense des répertoires inhabituels. Il s’agit donc d’une lecture différente de celles des orchestres anglais, mais elle s’avère très pertinente.

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