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Luisa Miller à l’Opéra de Vienne

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Giuseppe Verdi (1813-1901) : Luisa Miller. Bonaldo Giaiotti, il Conte di Walter ; Franco Bonisolli, Rodolfo ; Christa Ludwig, Federica ; Malcolm Smith, Wurm ; Giuseppe Tadddei, Miller ; Lilian Sukis, Luisa ; Milkana Nikolova, Laura ; Horst Nitsche, un contadino. Chœur et Orchestre de l’Opéra d’Etat de Vienne, direction : Alberto Erede. 2 CD Orfeo C 784 1021. Code-barre : 4011790 784229. Enregistré sur le vif le 23 janvier 1974 au Wiener Staatsoper. Qualité d’enregistrement : ADD. Notice de présentation trilingue (allemand, anglais et français). Durée : 56’48’’et 79’56’’

 

Luisa Miller n’a jamais été le mieux aimé des opéras de jeunesse de Verdi, en dépit de ses multiples beautés et des superbes rôles qu’il propose aux (rares) chanteurs capables de maîtriser l’hybridité stylistique d’une écriture encore très fortement marquée par la tradition donizettienne, mais qui regarde déjà vers les ouvrages de la maturité ; à cet égard, la scène au cours de laquelle Rodolfo fait boire le poison à Luisa annoncerait presque, de par la tension dramatique qui s’en dégage, le meurtre de Desdémone par Otello… Il fallut d’ailleurs attendre 1974 pour que l’Opéra de Vienne inscrive cet ouvrage à son répertoire.

En confiant le rôle-titre à , chanteuse mozartienne assez peu familière du répertoire belcantiste – elle était néanmoins une fort belle Violetta de La Traviata… –, la grande maison viennoise semble renouer avec certaines de ses traditions anciennes. Le répertoire italien n’était-il pas, dans les années 50 et 60, confié aux grandes mozartiennes du moment, les Jurinac, Güden, Stich-Randall, ou Schwarzkopf, lesquelles n’auraient sans doute pas osé se risquer en Italie dans leurs héroïnes verdiennes ou pucciniennes, pourtant d’un rare raffinement vocal. En l’occurrence, le résultat reste plutôt mitigé, et c’est surtout dans le premier acte que cette experte styliste excelle, les moments plus dramatiques des deux actes suivants la laissant quelque peu à côté de son personnage faute de moyens vocaux adéquats. Par ailleurs, la cantatrice canadienne tente de compenser par quelques effets véristes assez malencontreux son manque de vaillance et de stamina. Heureusement, les passages plus élégiaques de l’acte 3 lui permettent de retrouver la beauté de la ligne.

Autre caractéristique viennoise, la présence dans un rôle résolument mineur d’un grand nom du chant international. Ici, , dont le déclin vocal commençait à peine, campe une Federica parfaitement caractérisée, à la fois humaine et impérieuse. Quelle redoutable Amnéris, quelle superbe Eboli elle a dû être dans ses plus belles années !

Le reste de la distribution, plus italien, montre davantage de conformité avec les canons du chant verdien. est en tout point exemplaire dans le rôle de Miller, qu’il chante du haut de ses cinquante-cinq ans en belcantiste confirmé. , dans le rôle de Walter, est un peu plus conventionnel, et s’acquitte honorablement de la partie de Wurm, sans doute un des rôles les plus déplaisants de tout le répertoire lyrique. La bonne surprise vient de , ténor à la voix de rêve mais souvent coupable d’écarts stylistiques regrettables ou d’effets vocaux déplacés (portamenti, sanglots, aigus interminables, etc. ). Ici, à l’exception de deux notes aiguës rajoutées à la fin de ses airs – mais le contexte ne s’y oppose pas –, l’artiste se montre tout à fait respectueux de la ligne vocale, et son engagement dramatique emporte l’adhésion.

Sans être particulièrement enthousiasmante, la direction d’, un de ces chefs dits « routiniers » mais qui connaissant leur répertoire comme personne, rend tout à fait justice à cet ouvrage encore expérimental, mais qui annonce déjà les grandes œuvres de la maturité de Verdi.

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Giuseppe Verdi (1813-1901) : Luisa Miller. Bonaldo Giaiotti, il Conte di Walter ; Franco Bonisolli, Rodolfo ; Christa Ludwig, Federica ; Malcolm Smith, Wurm ; Giuseppe Tadddei, Miller ; Lilian Sukis, Luisa ; Milkana Nikolova, Laura ; Horst Nitsche, un contadino. Chœur et Orchestre de l’Opéra d’Etat de Vienne, direction : Alberto Erede. 2 CD Orfeo C 784 1021. Code-barre : 4011790 784229. Enregistré sur le vif le 23 janvier 1974 au Wiener Staatsoper. Qualité d’enregistrement : ADD. Notice de présentation trilingue (allemand, anglais et français). Durée : 56’48’’et 79’56’’

 
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