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Düsseldorf. Tonhalle. 05-XI-2010. Peter Ruzicka (né en 1948) : Annäherung und Stille, 4 fragments d’après Schumann pour clavier et 42 instruments à cordes ; Jörg Birkenkötter (né en 1963) : Schumann ist der Dichter ; Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour violon en ré majeur, Symphonie n°4 en ré mineur, Op. 120 (édition de 1851). Frank Peter Zimmermann, violon ; Sophie-Mayuko Vetter, piano. Orchestre symphonique de Düsseldorf, direction : Mario Venzago

Ville intensément liée à Schumann, Düsseldorf ne pouvait pas manquer de lui rendre hommage à l’occasion du bicentenaire de sa naissance ! Quant à l’orchestre de Düsseldorf il se devait d’honorer celui qui fut, de 1850 à 1854, son chef d’orchestre. Ainsi, près de la moitié de ses douze concerts d’abonnement honorent la mémoire du grand homme. Outre l’inévitable concerto pour piano, la programmation offrira le rare Manfred alors que Schumann est fréquemment placé en lien avec des compositeurs contemporains car en Allemagne on aime ces contrastes pour le meilleur (on pense au projet Schubert qu’avait mené à Bamberg le chef d’orchestre Jonathan Nott) ou pour le pire (on pense à certains projets menés à Stuttgart).

Figure de la musique contemporaine allemande et homme d’institutions (il a été intendant du Festival de Salzbourg), , ouvrait ce concert avec son Annäherung und Stille. Se plaçant en droite ligne d’une certaine conception de la musique contemporaine germanique (comprendre bruitiste avec un zest de citations du passé, cette pièce, esthétisante ne peut empêcher un ennui distancé et poli de s’installer. La succession de séquences et la recherche d’effets pour les effets, rendent ainsi les douze minutes de la pièce très longue. C’est dommage car la pianiste Sophie-Mayuko Vetter déploie toute sa sensibilité pour tenter d’habiter le vide de cet exercice de style. Il faut aussi décerner une mention très passable au Schumann ist der Dichter de Jörg Birkkenkötter, musique passe partout qui s’oublie dès les dernières notes.

Bien que désormais moins médiatisé que d’autre de ses confrères, reste pourtant l’un des archers les plus solides et les plus constants des années 2000. Dans le concerto pour violon de Schumann, qui n’est certainement pas le chef d’œuvre de son auteur, il tire la partition vers un esprit léger et rhapsodique qui met en valeur la beauté de sa sonorité. est un accompagnateur attentif à la tête d’un orchestre souple et précis.

Pour clore ce concert, le chef s’est lancé dans une lecture passionnante et conquérante de la symphonie n°4. Emportant au panache, les transitions thématiques (pas faciles à réussir), le chef livre une lecture intelligente mais surtout parcourue d’un souffle intrinsèquement romantique. L’orchestre fait valoir ses belles couleurs et sa forte cohésion d’ensemble dans cette musique qui est taillée sur mesure pour ses pupitres.

De ce concert, on retient donc un orchestre, peu médiatisé dans les pays francophones, mais solide et précis et un chef flexible qui donne son meilleur dans une excellente symphonie n°4.

Crédit photographique : Mario Venzago © Intermusica

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Düsseldorf. Tonhalle. 05-XI-2010. Peter Ruzicka (né en 1948) : Annäherung und Stille, 4 fragments d’après Schumann pour clavier et 42 instruments à cordes ; Jörg Birkenkötter (né en 1963) : Schumann ist der Dichter ; Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour violon en ré majeur, Symphonie n°4 en ré mineur, Op. 120 (édition de 1851). Frank Peter Zimmermann, violon ; Sophie-Mayuko Vetter, piano. Orchestre symphonique de Düsseldorf, direction : Mario Venzago

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