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Edwin Fischer et Wilhelm Furtwängler grands seigneurs

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°5 en mi b majeur « L’Empereur » op. 73 ; Symphonie n°4 en si b majeur op. 60. Edwin Fischer, piano. Philharmonia Orchestra, Orchestre philharmonique de Vienne, direction : Wilhelm Furtwängler. 1 CD Naxos Historical 8112025. Code barre : 636943202579. Enregistré les 19 et 20 février 1951 au Studio n°1, EMI Abbey Road, Londres (Concerto), et du 25 au 30 janvier 1950 en la Salle du Musikverein, Vienne (Symphonie). ADD [mono]. Notice unilingue (anglais) excellente. Durée : 75’38.

 

De très vieilles connaissances ! Enfin, presque, car la version proposée par Naxos de la Symphonie n°4 en si bémol op. 60 de Beethoven n’est pas celle habituellement publiée par EMI : il s’agit en l’occurrence de la toute première version studio Furtwängler avec la Philharmonie de Vienne, gravée en 78 tours en janvier 1950 et plus rarement rééditée, alors que la plus connue, avec ce même orchestre, fut captée, également en studio, en décembre 1952 ; de cette symphonie, il subsiste également un autre témoignage, en public cette fois, à Munich le 4 septembre 1953 (CD Société Wilhelm Furtwängler SWF892).

La version viennoise de 1950 est aussi la première gravée après la Guerre 40-45 qui avait si profondément marqué Furtwängler. Pour lui, la musique était indissociable de la vie, et cela est tangible dans son interprétation : l’Adagio introductif est particulièrement sombre, et l’Allegro vivace qui suit (sans reprise de l’exposition) allie grandeur et tension, avec des transitions parfaitement maîtrisées. Le deuxième mouvement Adagio, traité de manière merveilleusement spacieuse, peut être considéré ici comme le cœur émotionnel de la symphonie. Le Menuetto – Allegro vivace n’appelle aucune remarque particulière, si ce n’est que la seconde reprise est omise. Par contre celle du Finale – Allegro ma non troppo est observée, ce qui équilibre ce mouvement par rapport au premier, d’autant plus que Furtwängler, respectueux du «ma non troppo», n’en fait pas une course contre la montre, tout en lui conférant force et vitalité bouillonnante.

Toutefois la pièce de résistance est bien ici ce Concerto pour piano n°5 en mi b majeur «L’Empereur» op. 73 dans l’interprétation intemporelle du légendaire pianiste suisse (1886-1960) dont le plus beau titre de gloire est d’avoir été le premier à enregistrer intégralement Le Clavier bien tempéré de Bach pour His Master’s Voice entre 1933 et 1936. Miracle du disque que cette association Fischer–Furtwängler qui nous a également laissé un admirable Concerto n°2 de Brahms : ici, tout est pur classicisme dans cette interprétation qui n’a pas une ride ; d’une gravité contenue, l’exécution est lumineuse, nerveuse, étonnamment moderne, aidée par un éblouissant sous la baguette d’un Furtwängler particulièrement attentif et chaleureux. Difficile après cela d’écouter la plupart des versions actuelles – surtout celles dites «authentiques» – qu’elle relègue définitivement aux oubliettes !

Les transferts impeccables de sont superbes : mais de cela on s’en serait vraiment douté ! …

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°5 en mi b majeur « L’Empereur » op. 73 ; Symphonie n°4 en si b majeur op. 60. Edwin Fischer, piano. Philharmonia Orchestra, Orchestre philharmonique de Vienne, direction : Wilhelm Furtwängler. 1 CD Naxos Historical 8112025. Code barre : 636943202579. Enregistré les 19 et 20 février 1951 au Studio n°1, EMI Abbey Road, Londres (Concerto), et du 25 au 30 janvier 1950 en la Salle du Musikverein, Vienne (Symphonie). ADD [mono]. Notice unilingue (anglais) excellente. Durée : 75’38.

 
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