Claudio Monteverdi par Vincent Dumestre, entre combat et foire

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Claudio Monteverdi (1567-1643) : Hor che’l Ciel e la Terra ; Lamento della Ninfa ; Combattimento di Tancredi e Clorinda ; Marco Marazzoli (c1605-1662) : La Fiera di Farfa. Le Poème Harmonique, direction : Vincent Dumestre. 1 CD Alpha 172. Code barre : 3760014191725. Enregistré en septembre et octobre 2009. Livret bilingue (français, anglais). Durée : 71’31.

 

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Ce nouvel enregistrement marque un tournant dans l’histoire du Poème Harmonique, l’ensemble ayant jusqu’à présent surtout abordé au disque des compositeurs méconnus ou oubliés du XVIe et du XVIIe siècle (Castaldi, Belli, Cavalieri…). avait bien enregistré dans l’album Nova Metamorfosi, mais arrangé par Aquilino Coppini, ce dernier ayant substitué au texte profane de madrigaux du Quatrième et Cinquième Livre des textes sacrés. Ici, les musiciens du Poème Harmonique nous proposent trois œuvres célèbres tirées du Huitième Livre (Madrigaux guerriers et amoureux).

Dans le Combat de Tancrède et Clorinde, sur un poème épique du Tasse (tiré de La Jérusalem délivrée, 1581), , jeune baryton au timbre clair, campe un Testo crédible en narrateur et commentateur de ce «combat amoureux» dramatique, aidé en cela par les instrumentistes, particulièrement éloquents pour évoquer le duel ou la mort de Clorinde. Les brèves interventions de Tancrède (le ténor ) et de Clorinde (la mezzo ) appellent également des compliments. Dans un tout autre genre, le madrigal à six voix, également guerrier, Hor che’l Ciel e la Terra, sur un sonnet de Pétrarque, permet d’apprécier la qualité individuelle des chanteurs et la cohésion de l’ensemble. Dernière pièce de Monteverdi de ce disque, le plus fameux des madrigaux amoureux, le Lamento della Ninfa, que avait déjà enregistré pour le film Le Pont des Arts d’. On retrouve à cette occasion la voix exceptionnelle de la soprano qui exprime avec pudeur la douleur de la nymphe délaissée.

Dans un tout autre esprit, on sait gré à de nous faire découvrir en complément de programme une curiosité dénichée à la bibliothèque du Vatican, La Fiera di Farfa. Il s’agit d’un intermède destiné à la reprise à Rome (1639), deux ans après sa création, de l’Egisto, opéra bouffe (considéré comme le premier de l’histoire de la musique) composé par et sur un livret de Giulio Rospigliosi. On est ici dans la pagaille d’une foire, avec ses marchands, ses bruits… dans laquelle apparaissent notamment des personnages de la Commedia dell’Arte, le clou de l’œuvre résidant dans son final, une parodie du Combat de Tancrède et Clorinde ! L’intermède a sans doute plus de force représenté sur scène, mais les musiciens s’amusent bien et nous avec. L’univers n’est d’ailleurs pas sans rappeler un autre disque phare du Poème Harmonique chez Alpha, l’album Il Fásolo ? Chaudement recommandé !

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