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Samuel Barber inspire Marin Alsop

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Samuel Barber (1910-1981) – Intégrale des œuvres pour orchestre : Symphonies n°1 op. 9 et n°2 op. 19 ; The School for Scandal, ouverture op. 5 ; First Essay op. 12, Second Essay op. 17, Third Essay op. 47 ; Violin Concerto op. 14 ; Cello Concerto op. 22 ; Piano Concerto op. 38 ; Capricorn Concerto op. 21 ; Medea, suite de ballet op. 23 ; Medea’s Meditation and Dance of Vengeance op. 23a ; Adagio for Strings op. 11 ; Serenade for Strings op. 1 ; Souvenirs, suite de ballet op. 28 ; Music for a Scene from Shelley op. 7 ; Die Natali op. 37 ; Knoxville : Summer of 1915 op. 24 ; Toccata Festiva op. 36 ; A Hand of Bridge op. 35 ; Vanessa op. 32 : Intermezzo Act III ; Fadograph of a Yestern Scene op. 44 ; Canzonetta op. 48 posth. ; Mutations from Bach ; Commando March. Karina Gauvin, soprano ; Lesley Craigie, soprano ; Louise Winter, mezzo-soprano ; Simon Wall, ténor ; Roderick Williams, basse. Karen Jones, flûte ; Stephane Rancourt, hautbois ; John Gracie, trompette ; James Buswell, violon ; Wendy Warner, violoncelle ; Stephen Prutsman, piano ; Thomas Trotter, orgue. Royal Scottish National Orchestra, direction : Marin Alsop. 1 coffret de 6 CD Naxos 8506021. Code barre : 747313602131. Enregistré entre le 8 décembre 1998 et le 9 février 2003 aux Henry Wood Hall et Royal Concert Hall, Glasgow. Notices unilingues (anglais) bonnes. Durée : 69’47 ; 65’58 ; 64’20 ; 60’32 ; 56’55 ; 52’28.

 

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Pour le centenaire de la naissance de , Naxos regroupe en un beau coffret les six volumes précédemment publiés séparément et consacrés à l’ensemble de sa musique orchestrale dirigée par la talentueuse chef d’orchestre new yorkaise , et il semble bien que cette publication, initiée en 2000, soit sauf erreur de notre part, la seule à présenter l’œuvre pour orchestre du grand compositeur américain dans son intégralité.

Natif de West Chester, Pennsylvanie, (1910-1981) entre au Curtis Institute of Music de Philadelphie en 1924 et étudie le piano avec , le chant avec , la composition avec et la direction d’orchestre avec Fritz Reiner. Avec de telles personnalités comme enseignants, il va de soi que son talent ne pouvait que s’épanouir rapidement, et cela en un langage musical tout personnel, d’un lyrisme élégiaque raffiné et porté naturellement vers le dramatisme, mais tempéré par un idéal néo-classique et une libre utilisation de la dissonance.

Ce langage s’est certainement façonné dans le milieu musical où Barber a grandi, centré sur le chant : sa tante n’est autre que la célèbre contralto du Metropolitan Opera, (1871-1947) dont le mari, , était par ailleurs un compositeur de mélodies bien coté ; Barber lui-même possédait une belle voix de baryton. Rien d’étonnant donc que sa musique ait acquis ce caractère si subtilement lyrique qui fait de son auteur, avec et Leonard Bernstein, le compositeur américain le plus aimé et joué dans le répertoire symphonique international.

Barber est le compositeur d’un «tube», le célébrissime Adagio pour cordes (en fait arrangement, sous l’impulsion de Toscanini, du mouvement lent de son Quatuor à cordes de 1936) que l’on peut entendre à toutes les sauces et dans de nombreux films – notamment américains bien sûr – où les nécessités du scénario incitent à la larme à l’œil… Il n’en reste pas moins un coup de génie de son auteur, et nous retrouvons évidemment ce chef-d’œuvre dans la réalisation sous rubrique, où il convient de saluer pour son interprétation d’une sobriété du meilleur goût, qui en révèle sa pureté originelle.

Toutefois cet Adagio est source d’un malentendu : celui d’étiqueter son auteur de néo-romantique, et cela de manière par trop sommaire. Après l’Adagio, les deux œuvres les plus connues – le Concerto pour violon (1939) et la suite de ballet Médée (1946) – nous incitent déjà à réviser ce jugement. Deux aspects de la riche personnalité de Barber s’y font jour : d’une part le lyrisme chantant issu de son côté romantique, et de l’autre le dynamisme d’une rythmique complexe et d’une harmonie audacieuse flirtant lorsque nécessaire avec la polytonalité, témoins de l’âpreté de sa nature.

On retrouve cette dualité dans les autres œuvres concertantes (et notamment dans le Capricorn Concerto de 1944 pour flûte, hautbois, trompette et cordes) et les trois admirables Essays pour orchestre. Ce qui n’empêche guère le compositeur d’adopter une écriture moins dramatique, plus légère et détendue dans sa suite de ballet Souvenirs.

Marin Alsop est loin d’être une inconnue des mélomanes, grâce à ses nombreux enregistrements chez Naxos et sa participation en tant que chef de l’Orchestre National de Belgique lors du Concours Musical International Reine Elisabeth de piano 2010. Elle nous offre des versions absolument exhaustives des œuvres de son compatriote, dont elle restitue toute la plénitude et la diversité. Bien sûr on peut toujours préférer l’une ou l’autre version de légende individuellement : Isaac Stern et Leonard Bernstein dans le Concerto pour violon, et George Szell dans le Concerto pour piano (Sony BMG 7529892) ou l’extraordinaire vision de la Symphonie n°1 par (Regis RRC1139), mais de toute évidence, pour l’ensemble de l’œuvre orchestrale de ce très grand compositeur qu’est Samuel Barber, ce coffret ne souffre aucune concurrence.

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Samuel Barber (1910-1981) – Intégrale des œuvres pour orchestre : Symphonies n°1 op. 9 et n°2 op. 19 ; The School for Scandal, ouverture op. 5 ; First Essay op. 12, Second Essay op. 17, Third Essay op. 47 ; Violin Concerto op. 14 ; Cello Concerto op. 22 ; Piano Concerto op. 38 ; Capricorn Concerto op. 21 ; Medea, suite de ballet op. 23 ; Medea’s Meditation and Dance of Vengeance op. 23a ; Adagio for Strings op. 11 ; Serenade for Strings op. 1 ; Souvenirs, suite de ballet op. 28 ; Music for a Scene from Shelley op. 7 ; Die Natali op. 37 ; Knoxville : Summer of 1915 op. 24 ; Toccata Festiva op. 36 ; A Hand of Bridge op. 35 ; Vanessa op. 32 : Intermezzo Act III ; Fadograph of a Yestern Scene op. 44 ; Canzonetta op. 48 posth. ; Mutations from Bach ; Commando March. Karina Gauvin, soprano ; Lesley Craigie, soprano ; Louise Winter, mezzo-soprano ; Simon Wall, ténor ; Roderick Williams, basse. Karen Jones, flûte ; Stephane Rancourt, hautbois ; John Gracie, trompette ; James Buswell, violon ; Wendy Warner, violoncelle ; Stephen Prutsman, piano ; Thomas Trotter, orgue. Royal Scottish National Orchestra, direction : Marin Alsop. 1 coffret de 6 CD Naxos 8506021. Code barre : 747313602131. Enregistré entre le 8 décembre 1998 et le 9 février 2003 aux Henry Wood Hall et Royal Concert Hall, Glasgow. Notices unilingues (anglais) bonnes. Durée : 69’47 ; 65’58 ; 64’20 ; 60’32 ; 56’55 ; 52’28.

 
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