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Paris. Ménagerie de Verre. Dans le cadre des Inaccoutumés. 31/XI/10. François Chaignaud et Cecilia Bengolea : Hydra. Conception : Cecilia Bengolea et François Chaignaud. Chorégraphies : François Malkovsky. Transmission : Suzanne Bodak. Lumières : Erik Houllier. Avec Cecilia Bengolea, Suzanne Bodak, François Chaignaud, Lenia Kaklea, Mickaël Phelippeau. Piano : Alexandre Bodak.

Cecila Bengolea et poursuivent leur exploration ludique de l’histoire de la danse. Après les Sylphides sous vide, ils revisitent les danses libres de Malkovsky, disciple d’Isadora Duncan dans les années 20 et 30. Formidable et convaincant !

Le corps presque nu, torse peint de couleurs vives et paupières irisées, le duo de chorégraphes place le curseur de leur nouvelle création dans une atmosphère très 70. L’ambiance est romantique et lascive, piano blanc, sofa, gros projecteur, mousselines de couleurs. C’est pourtant au début des années folles que François Malkovsky a chorégraphié ces danses libres, dans le sillage d’Isadora Duncan. Les danses libres, marquées par un mouvement ondulatoire qui part du plexus solaire et parcourt toute la colonne vertébrale, émanent d’un courant artistique né au début du XXème siècle, précurseur de la danse moderne. Au sein de l’école de Paris, François Malkosvky a chorégraphié de courtes pièces, en solo ou en duo le plus souvent, destinées à être dansées pieds nus, sans entraves, en tuniques légères. Ces danses, on en convient, ne sont absolument pas viriles, et pourraient paraître terriblement mièvres si elles n’étaient pas habitées par des interprètes très inspirés. Même s’ils en rient parfois, comme dans l’une des danses intitulée « Les trois grâces », le ridicule ne tue pas, bien au contraire !

L’authenticité et la sincérité de la démarche de et François Chagnaud, qui revivifient des pans oubliés de l’histoire de la danse, est garantie par la présence sur scène de Simone Bodak, élève de Malkovsky, qui enseigne ces danses depuis deux ans aux chorégraphes. Sa fraîcheur est séduisante au milieu des corps altérés du XXIème siècle incarnés par les autres interprètes. Autre surprise rafraîchissante, la forte présence de , qui puise son inspiration entre la nymphe de l’Après-midi d’un faune et les girls des « musicals » des années 20. Regard de braise, épaulements, travail latéral, tout chez elle est intéressant. Mais celui qui est de loin le plus concerné, et dont les gestes exagérés montrent le plus d’intention, est , absolument irrésistible en éphèbe blond.

Mention spéciale à Alexandre Bodak, le mari de Simone, qui accompagne au piano l’ensemble de ce programme avec une merveilleuse écoute. Préludes de Chopin, valses de Brahms, Schubert ou Beethoven ou pièces plus « ethniques » de Dvorak, Moussorgsky ou Grieg. Il réserve même au final avec l’ensemble des danseurs une transcription pour piano des plus étonnantes de La chevauchée des Walkyries de Wagner. Il ne reste plus qu’à programmer Hydra l’été prochain sur une vaste pelouse…

Crédit photographique : Photo © Laurent Pailler

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Paris. Ménagerie de Verre. Dans le cadre des Inaccoutumés. 31/XI/10. François Chaignaud et Cecilia Bengolea : Hydra. Conception : Cecilia Bengolea et François Chaignaud. Chorégraphies : François Malkovsky. Transmission : Suzanne Bodak. Lumières : Erik Houllier. Avec Cecilia Bengolea, Suzanne Bodak, François Chaignaud, Lenia Kaklea, Mickaël Phelippeau. Piano : Alexandre Bodak.

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