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Il habitait Wagner. Il y était chez lui. Il en connaissait tous les recoins. Il en savait toutes les subtilités. En dehors d’un Tamino chez Mozart, d’un Florestan chez Beethoven, ses voyages discographiques classiques ne se sont bornés qu’au culte wagnérien. , «heldentenor» par excellence, vient de s’éteindre d’une pneumonie, après une longue lutte contre la maladie de Parkinson.

Avant de connaître les grandes scènes lyriques, débute sa carrière comme chanteur dans un orchestre de rock. Alors qu’il est sous les drapeaux, il commence à étudier le chant classique. Il débutera dans le rôle de Tamino de La Flûte Enchantée de Mozart sur la scène de l’opéra de Lübeck en 1972. Il enchaîne les rôles de Don José dans Carmen, Max dans Der Freischütz, puis Florestan dans Fidelio dans la troupe du Théâtre de Wuppertal. C’est avec son interprétation de Loge dans Der Rheingold qu’il fait ses premières armes dans le répertoire wagnérien. Un répertoire qu’il allait habiter tout au long de sa carrière.

En 1976, il embrasse le rôle de Siegmund dans le Ring de Wagner. Une Tétralogie mise en scène par Patrice Chéreau, dirigée par Pierre Boulez qui aujourd’hui encore fait œuvre de référence malgré le scandale que ce spectacle avait soulevé lors de sa première représentation à Bayreuth. Outre la chaleur de sa voix lyrique, son timbre barytonal le désignait comme un Siegmund idéal. Plus encore, ses yeux bleus, les ondulations naturelles de ses cheveux, leur blondeur en ont fait le parfait héros nordique. Revoir Peter Hofmann, le torse nu, serré dans ses pantalons, faisant face à la très belle Jeannine Altmeyer sublime une sexualité torride la scène d’amour du premier acte de la Walkyrie. Ils ne pouvaient s’empêcher de se caresser. Au terme de la scène, alors que Siegmund avait héroïquement retiré l’épée de l’arbre dans lequel il était planté, ils s’écroulent au sol dans un enlacement que le tomber de rideau arrive juste à temps pour préserver la décence. Une scène qui devait changer la face de l’Histoire à l’opéra. Magnifiquement dirigé, dans une forme vocale éblouissante, Peter Hofmann va alors gagner ses lettres de noblesse internationales. Il portera ce rôle sur les plus grandes scènes du monde. Cette même année 1976, Rolf Liebermann l’invite à l’Opéra Garnier pour incarner Loge du Rheingold.

Suite à ces extraordinaires représentations, Peter Hofmann crée Parsifal en 1976 et en 1978, Lohengrin en 1979, Tristan en 1986 et enfin Walther des Meistersinger von Nürmberg en 1988.

Dans le courant des années 80, des difficultés vocales mineures le contraignent à abandonner la carrière lyrique. Il se tourne alors vers la comédie musicale avec une interprétation remarquée dans la production hambourgeoise du Phantom of the Opera au début des années 90. C’est à cette époque qu’il apprend qu’il est atteint par la maladie de Parkinson

La glorieuse carrière du chanteur n’aura pas épargné l’homme qui, cloué dans un fauteuil roulant, a fini ses jours dans la pauvreté en raison de sa maladie, qui l’avait contraint d’abandonner sa carrière depuis plus de dix ans, et de déboires familiaux.

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