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Valery Sokolov & Vasily Petrenko : Alliances à risques

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 16-XII-2010. Jean Sibelius (1865-1957) : Concerto pour violon et orchestre en ré mineur ; Sergei Prokofiev (1891- 1953) : Symphonie n°5 en si bémol majeur. Valery Sokolov, violon. Orchestre National de France, direction : Vasily Petrenko.

En cette fin d’année, la scène parisienne enchaîne les déceptions. A différents niveaux, mais dans une même catégorie : les jeunes talents. L’Orchestre de Paris tout d’abord avec Yuja Wang et ce soir, l’ avec le jeune violoniste ukrainien sous la direction de . Le premier a vingt-quatre ans, le dernier trente-quatre et tous deux représentent cette génération qui s’impose à l’international peu à peu voire un peu vite.

Inutile de dire qu’après avoir dirigé un excellent Eugène Onéguine à Bastille, on l’attendait ce jeune chef russe dans un répertoire, russe, qu’il maîtrise bien : Prokofiev. Donné en deuxième partie, celui-ci nous indique que Petrenko est un artisan du son – bien qu’il n’ait vraiment su raffiner celui du National -, des couleurs et du rythme avec un sens du pittoresque remarquable. Rarement le National aura été aussi acéré, aussi incisif que dans l’Allegro marcato de cette Symphonie n°5 et les violons aussi étincelants que dans l’Adagio. Seulement, ce soir, Prokofiev a dû se contenter de ces effets. D’effets, en général, et d’une recherche de perfection technique un peu scolaire qui ont magnifié la forme sans toucher au fond.

Si l’on n’avait assisté qu’à la deuxième partie du concert, on aurait finalement trouvé des qualités à Vasily Pentreko malgré toute la maturité qu’il a encore à réunir. Cependant, certains étaient arrivés à l’heure pour entendre aussi le violoniste Valeriy Sokolov dans Sibelius. Parmi eux, Bruno Monsaingeon qui suit ce jeune prodige depuis ses dix-huit ans (voir son documentaire Un violon dans l’âme). Le jeune violoniste a tenté de faire au mieux et à se différencier sans toutefois imposer une vision convaincante ni même réellement adéquate de cette pièce. «Faire au mieux», parce que la direction ne l’a pas écouté et à donné son rôle de soliste à l’orchestre. Ses mouvements, plus libres dans le premier mouvement, ont été par la suite étouffés et même dirigés : voilà comment faire d’un concerto une marche forcée vers le supplice.

Crédit photographique : © Mark McNulty

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