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Au gré de la saison

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris, Salle Pleyel. 13-I-2011. Benjamin Britten (1913-1976) : Concerto pour violon en ré mineur op. 15 ; Hector Berlioz (1803-1869) : Harold en Italie op. 16 ; Maurice Ravel (1875-1937)  : Daphnis et Chloé, suite n°2. Janine Jansen, violon ; Antoine Tamestit, alto ; Orchestre de Paris, direction : Paavo Järvi

La saison de l’ se poursuit. Pour le Concerto en ré mineur, retrouve , qu’il avait accompagnée au disque pour Decca, et il met à sa disposition un orchestre dont un récent War Requiem a montré les affinités avec Britten. L’entrée de la violoniste est superbe de douceur impérieuse, mais, bien vite, face à une partie très tendue, son énergie naturelle prend des allures d’expressionnisme et fait sonner le «Barrère» avec un mordant parfois acerbe. Non que l’œuvre ne s’y prête, d’ailleurs, comme ce terrible Scherzo lancé avec le talon de l’archet, mais dans la passacaille et sa conclusion ambiguë, l’impression est finalement celle d’une lecture exceptionnelle de force, mais qui aurait gagné à un peu moins de violence.

Le reste du programme est composé par deux piliers du répertoire français, que l’orchestre a joués notamment du temps de Christoph Eschenbach. La déception est d’autant plus grande d’entendre une Sérénade sans esprit et une Orgie bien chaste, puis un Lever du jour qui ne laisse passer le soleil qu’à travers une brume persistante, et enfin une Danse générale qui n’atteint jamais à l’ivresse panique. La Marche des pèlerins sonne hâtive et sans mystère, mais l’effet en est pourtant réussi, grâce à des colorations très heureuses, qu’on trouvait déjà dans les premières mesures de Harold. De manière générale, les équilibres sont justes et les solos soignés (la flûte dans la Pantomime de Daphnis). conduit l’ensemble de manière attentive et ferme, mais c’est quasiment déjà une habitude. Pour l’enthousiasme, est là, et, même si le dialogue avec l’orchestre semble plus souhaité que réalisé, c’est magnifique en termes de phrasé et de perfection du jeu, sans parler de la beauté qu’il tire du second Stradivarius de la soirée.

Crédit photographique : © Felix Brœde

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