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Yvonne Rainer, légende vivante

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Paris. Centre Georges Pompidou. 4/II/11. Yvonne Rainer : Spiraling down et Assisted living : Good sports 2. Spiraling down : Conception : Yvonne Rainer avec Pat Catterson, Pat Hoffbauer, Sally Silvers, Emily Coates. Lumières : Lee Dickert. Son : Quentin Chiapetta. Assisted living : Good sports 2 : Chorégraphie : Yvonne Rainer. Scénographie : Jœl Reynold. Lumières : Lee Dickert. Régie plateau : Rebecca Salander. Avec Pat Catterson, Emily Coates, Pat Hoffbauer, Emmanuelle Phuon, Keith Sabado, Sally Silvers.

Figure emblématique de la post-modern dance américaine, la chorégraphe ravive ses souvenirs dans deux pièces ludiques et facétieuses.

Co-fondatrice de la Judson Dance Theater, à New York, , 77 ans, est l’une des personnalités phares de la contre-culture américaine. Pendant une courte période, de 1961 à 1972, elle signera de nombreuses créations chorégraphiques, questionnant le monde contemporain, l’art et la politique et déconstruisant l’héritage de la danse classique ou moderne. Elle abandonne alors la danse pour se consacrer au cinéma, puis à l’enseignement. C’est donc avec étonnement que l’on a appris l’existence de deux nouvelles créations, produites aux Etats-Unis et diffusées en France, au Centre Pompidou Metz, à Montpellier Danse et enfin au Centre Georges Pompidou, à Paris, avec l’aide de l’Office national de diffusion artistique.

Après quarante années d’interruption chorégraphique (!), Yvonne Rainer n’a rien perdu de son mordant. Elle a choisi pour Spiraling down de faire appel à trois de ses anciennes danseuses, Sally Silvers, Pat Catterson et Pat Hoffbauer, pour reprendre du service. Chaussées de baskets et vêtues de tenues de sport, elles déclinent avec humour les attitudes et la gestuelle sportive, dans une esthétique « bande de filles », limite butch, qui renvoie à la glorieuse époque du féminisme. Pas glamour ni sexy pour deux sous, ce quatuor (la jeune Emily Coates s’est jointe au trio) dessine une critique acerbe de la société américaine, entre objets multimédias et encouragements sonores. La pièce n’oublie pas non plus de revisiter l’histoire de la danse, entre poses classiques tournées en dérision et version très personnelle (et émouvante) du Boléro de Ravel.

On reste plus dubitatif, en revanche, sur Assisted living : Good sports 2, une pièce collective dans laquelle interviennent six danseurs, l’éclairagiste, le scénographe et la chorégraphe elle-même. En groupe compact, les danseurs trottinent à travers le plateau en costumes décontractés de couleurs vives. Pendant ce temps, Yvonne Rainer lit des extraits de textes historiques, philosophiques ou politiques. Extraits musicaux et bribes de chansons forment une bande son disparate et pleine de trous. Si la danse, une gestuelle quotidienne déclinée sur une base contemporaine solide, est intéressante, on ne voit pas la valeur ajoutée des chorégraphe/éclairagiste/scénographe sur le plateau… Avec son look austère d’institutrice, Yvonne Rainer possède sûrement la réponse.

 

Crédit photographique : Spiraling down d’Yvonne Rainer © Paula Court, via Performa

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Paris. Centre Georges Pompidou. 4/II/11. Yvonne Rainer : Spiraling down et Assisted living : Good sports 2. Spiraling down : Conception : Yvonne Rainer avec Pat Catterson, Pat Hoffbauer, Sally Silvers, Emily Coates. Lumières : Lee Dickert. Son : Quentin Chiapetta. Assisted living : Good sports 2 : Chorégraphie : Yvonne Rainer. Scénographie : Jœl Reynold. Lumières : Lee Dickert. Régie plateau : Rebecca Salander. Avec Pat Catterson, Emily Coates, Pat Hoffbauer, Emmanuelle Phuon, Keith Sabado, Sally Silvers.

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