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Beethoven mou et trop romantique par le duo Capuçon-Braley

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Paris, Théâtre des Champs-Elysées, 31-I, 2 et 9-II-2011. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Intégrale des sonates pour violon et piano. Renaud Capuçon, violon ; Frank Braley, piano

Le duo Capuçon-Braley peut être excellent dans un certain répertoire, notamment romantique et moderne. Mais l’est-il autant dans des œuvres classiques, comme Beethoven, par exemple ? Ce n’est pas aussi sûr.

Les quatre sonates jouées au premier concert, à savoir les numéros 1, 6, 2 et 5, nous déçoivent : elles sont molles, trop «romantiques» ; chaque phrasé, systématiquement amplifié au milieu mais indécis à la fin, ainsi nuancé de façon assez maniérée, donne une terrible sensation d’indigestion. Nous aurions aimé entendre, dans chaque son, cette détermination sans faille si beethovenienne, même au beau milieu d’un andante ou d’un adagio plein de grâce et de douceur. Ce soir-là, le violoniste et le pianiste sont constamment en décalage, même si l’écart est subtil, surtout dans des passages rapides. Ce sentiment ne se dissipe pas à la deuxième soirée, dans les 4e, 3e et 9e sonates. Une surprenante légèreté des notes rapides, qui pourraient être plus appropriées dans certaines pages de Chopin ou de Fauré ; de petits détails «coulés» en un éclair ; l’inaboutissement de nombreux phrasés, dont la fin s’évanouit dans un brouillard ; trop de vibrato sur chaque note, ce qui exaspère les oreilles… tout cela évoque certaines interprétations, dans la lignée du post-romantisme, du milieu du 20e siècle. Il a fallu attendre la fin du concert pour assister à une performance avec la Sonate «à Kreutzer», sans toutefois que les problèmes disparaissent tout à fait. Mais l’enthousiasme des interprètes et la densité de la partition l’emportent sur tout le reste et enflamment la salle.

La troisième soirée (n° 8, 7, 10) était fort différente des deux précédentes. Les deux musiciens étaient beaucoup plus décontractés et concentrés, comme libérés. Certes, les passages rapides «coulent» comme avant, il y a toujours beaucoup de vibrato sur les notes, et le léger décalage entre les deux instruments persiste, mais le jeu est plus maîtrisé et convainc largement le public. Surtout les mouvements rapides des 7e et 8e sonates.

Crédit photographique : © Mat Hennek

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Paris, Théâtre des Champs-Elysées, 31-I, 2 et 9-II-2011. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Intégrale des sonates pour violon et piano. Renaud Capuçon, violon ; Frank Braley, piano

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