Ultimes chefs d’œuvre de Monteverdi

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Rennes. Opéra. 22-III-2010. Claudio Monteverdi (1567-1643) : extraits des septième, huitième et neuvième livres de madrigaux, de Il Ritorno d’Ulisse in Patria et de L’Incoronazione di Poppea. Dario Castello (17e siècle) : Deuxième sonate du premier livre de sonates concertantes en style moderne. Salomone Rossi (c1570-c1630), première et dixième sonates du quatrième livre de sonates diverses. Avec : Emiliano Gonzalez Toro, ténor ; Magnus Staveland, ténor. Les Talens lyriques, direction : Christophe Rousset

Zefiro torna

Pour interpréter « les belles vendanges tardives de  » selon sa propre expression, a eu recours à un effectif réduit mais parfaitement impliqué. En faisant appel aux Talents lyriques et à , il savait pouvoir compter sur l’excellence. Le directeur musical fait preuve d’une stupéfiante virtuosité au clavecin avant de glisser parfois à l’orgue. Les violons de et s’harmonisent parfaitement et rivalisent de virtuosité. Emmanuel Jacques, enfin, assure solidement le continuo au violoncelle. Tous prennent un plaisir évident à interpréter cette musique si riche et si variée, de même que les facétieux ténors et , dont la complicité est évidente.

L’originalité de ce programme réside dans l’insertion d’œuvres de deux contemporains de Monteverdi : le vénitien et la mantouan , dont la parenté d’inspiration est patente. Dans les madrigaux, les timbres des deux ténors s’allient remarquablement et leur adéquation stylistique est certaine tout comme leur aisance dans la vocalise, dans l’alerte Chiome d’oro comme dans le magnifique O come sei gentil, tous deux issus du septième livre. Les extraits retenus du huitième livre permettent ensuite d’explorer des tonalités plus contemplatives et douloureuses.

Les deux ténors s’investissent pleinement dans les extraits des deux ultimes chefs d’œuvre opératiques du compositeur avec des tempéraments différents, plus retenu chez le norvégien, plus démonstratif chez le chilien qui délivre une hilarante interprétation de la scène de Iro dans Il Ritorno d’Ulisse in Patria, personnage déchu oscillant entre déprime et révolte. En bis, le chef nous a réservé Iste confessor puis, face à l’enthousiasme persistant du public rennais, avoue ne plus avoir de matériel en réserve et reprend Chiome d’oro qui met particulièrement en valeur le talent des deux violonistes. Voici une soirée qui a remarquablement servi le génie monteverdien.

Crédit photographique : Emiliano Gonzales Toro © DR

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