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Vasily Petrenko à la conquête de Tchaïkovski

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Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 26-III-2011. Ralph Vaughan-Williams (1872-1958) : The Wasp, ouverture ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano et orchestre n°23 en la majeur K 488 ; Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) : symphonie en si mineur Op. 58, “Manfred”. Hélène Grimaud, piano ; Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, direction : Vasily Petrenko.

En tournée européenne, l’Orchestre philharmonique Royal de Liverpool faisait escale à Paris avec une invitée capable d’assurer un remplissage du Théâtre des Champs-Élysées : la pianiste . Mais, l’intérêt était surtout d’entendre, en concert, l’une des équipes gagnantes de la scène symphonique actuelle : le chef et son orchestre anglais. À l’instar de Tugan Sokhiev à Toulouse ou Andris Nelsons à Birmingham, l’alliance de ces musiciens a galvanisé une formation, certes historiquement importante, mais en perte de vitesse avant l’arrivée de . Leur cycle des symphoniques de Chostakovitch, édité chez Naxos, ne cesse de casser la baraque (la symphonie n°8 a d’ailleurs été élue meilleur enregistrement symphonique par les International Classical Music Awards).

C’est bien évidemment dans la symphonie Manfred de Tchaïkovski que la phalange donne le pleine mesure de ses moyens avec une homogénéité impressionnante autant dans les dynamiques, puissantes mais jamais écrasées, que dans le fini instrumental. La plastique des cordes et la variété de leur palette de couleurs emportent l’adhésion. Si les cuivres sont à la fois précis et attentifs aux nuances, les vents, même si très probes, peinent encore en terme de personnalité. Cela étant, il revient au chef de faire sonner magistralement, cette énorme machinerie symphonique de Tchaïkovski qui n’est pas avare d’effets en tous genres. Ce technicolor symphonique sort transfiguré de cette lecture épique mais aussi subtile. Comme Andris Nelsons ou Tugan Sokhiev, Petrenko aborde Tchaïkovski avec ce qu’il faut de nerf et de muscle tout en parvenant à conserver, au fil de cette longue œuvre, l’attention des auditeurs. Devant l’enthousiasme, chef et orchestre se lancent dans un «Trepak» du Casse-Noisette du même Tchaïkovski.

En première partie, après une virevoltante ouverture Vaughan Williams où l’orchestre devait se familiariser avec l’acoustique fort sèche de la salle parisienne, la formation était rejointe par pour un concerto de Mozart. On se situe alors dans une optique assez française, c’est à dire relativement rapide et même sèche ou dégraissée. L’orchestre fait belle figure avec un accompagnement attentionné, mais on peine à sortir d’un service de grand luxe, irréprochable, mais un peu trop citronné dans ses effets et ses intentions.

Mais c’était l’orchestre qui lors de ce concert a volé la vedette à la pianiste.

Crédit photographique : © DR

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Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 26-III-2011. Ralph Vaughan-Williams (1872-1958) : The Wasp, ouverture ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano et orchestre n°23 en la majeur K 488 ; Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) : symphonie en si mineur Op. 58, “Manfred”. Hélène Grimaud, piano ; Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, direction : Vasily Petrenko.

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