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Mahler prométhéen par Gatti

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Théâtre du Châtelet. 31-03-2011. Gustav Mahler (1860- 1911) : Symphonie n°7 en mi mineur. Orchestre National de France, direction : Daniele Gatti

Depuis 2009, le cycle «Tout Mahler par Gatti» a non seulement voulu donner l’intégralité de la musique du compositeur mais aussi à en saisir l’essence. Tout spécialement avec la Symphonie n°7 donnée cette semaine au Théâtre du Châtelet.

C’est l’aspect prométhéen de l’œuvre et de la vie de qui prédomine dans cette lecture. Une gravité et une tension psychologique qui sont surtout à l’œuvre dans les premiers mouvements de la symphonie – les plus réussis de la soirée. L’Adagio (I) morcelé, les ruptures en point d’orgue, le magma orchestral qui envahit la mélodie ou encore le dosage soigné des volumes sonores en guise de perspective… rappellent un tableau minéral, rocailleux, qui a tant inspiré le compositeur : les Alpes. Dans ce tableau, ce sont les détails qui sautent aux yeux : un phrasé un peu sophistiqué, des trémolos qui suspendent le temps, des soli brillants (cuivres), des nuances bien amenées (fin de l’Andante amoroso (IV) qui retourne au silence)… Mais on est tellement absorbé par le détail que les sommets, les apogées sont hors champ. Le sentiment de sublime est remplacé par une majesté lestée, presque inquiétante.

Le National ne fait pas face à toutes les exigences de cette vision. Ce qu’il peut offrir au lieu d’un son onctueux dans les passages étirés ou d’une absence de rythmique mordante, c’est un tempérament fébrile. Celui-ci est chez lui dans le très pittoresque Scherzo «fantomatique» (III) où les phrases aux fins fuyantes forment un tissu orchestral fait de courants d’air. C’est sans doute le mouvement le plus réussi – sans compter l’humour marginal de l’Andante amoroso, légèrement parodique. En effet, le finale, flamboyant à ses débuts, sombre rapidement dans le scolaire voire le désordre et confirme le sentiment d’une interprétation qui a de l’idée mais qui reste inaboutie.

Crédit photographique : © Silvia Lelli

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