Concerts, La Scène, Musique symphonique

Les débuts de Ludovic Morlot avec l’orchestre du Concertgebouw

Plus de détails

Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 08-IV-2011. Olivier Messiaen (1908-1992) : Les offrandes oubliées, méditations symphonique ; Henri Dutilleux (né en 1916) : Tout un monde lointain…, concerto pour violoncelle ; César Franck (1822-1890) : symphonie en ré mineur. Lynn Harrell, violoncelle ; Orchestre royal du Concertgebouw, direction : Ludovic Morlot.

Le dernier concert bruxellois de la saison de l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, dans le cadre de sa résidence, permettait au jeune chef d’orchestre français de faire ses débuts à la tête de la phalange amstellodamoise. Né en 1974, le musicien lyonnais sera, dès la rentrée prochaine, le directeur musical de l’orchestre de Seattle. Belle et rapide consécration pour un musicien qui mène, à l’image de nombreux chefs français, une belle carrière internationale et surtout aux Etats-Unis où on le retrouve à la tête des orchestres de New-York, Pittsburgh ou Chicago…Cependant, force est de constater qu’il n’aura pas entièrement convaincu dans un programme, pourtant taillé sur mesure, pour un chef en quête de reconnaissance.

Excellent dans Mahler, Bruckner et Strauss, l’orchestre du Concertgebouw n’en reste pas moins l’une des formations les plus convaincantes dans la musique française. Que ce soit ses directeurs musicaux (Van Beinum, Haitink ou Chailly), ou ses chefs invités (Monteux), tous ont cultivé l’art de l’interprétation de cette musique. Dès lors, les musiciens possèdent le style, et surtout les couleurs, pour rendre grâce à cette esthétique.

Dans les Offrandes oubliées, partition de jeunesse de Messiaen, Morlot fait briller les cordes diaphanes et ultra-précises du Concertgebouw mais peine à animer la partition qui reste, sous cette baguette, un brillant exercice de style. L’unique symphonie de est attaquée dans une optique, légère et plutôt rapide, qui met en avant la filiation latine de cette partition (loin du néo-Bruckner que l’on entend souvent). Le chef soigne les tempi, les contrastes et les textures. Cependant, sa battue, plutôt conceptuelle, dans le premier mouvement, peine à unifier la partition. L’allegretto et le final sont mieux venus et le chef se laisser griser par la machine à jouer qu’est cet orchestre.

À l’époque des Truls Mørk, Alban Gerhart, Christian Poltéra, Pieter Wispelwey ou Tatiana Vassilieva, on n’en oublie parfois les aînés de violoncelle à l’image de . Désormais assez discret au disque et au concert, le fringuant sexagénaire reste une valeur sûre à l’inspiration poétique même si certains détails techniques s’avèrent un peu délicats. Le concerto de Dutilleux semble taillé sur mesure pour la fantaisie et la hauteur de vue du musicien qui parvient à créer un monde musical personnel et émouvant. La direction attentive de est au diapason du soliste.

Crédit photographique : Ludovic Morlot © Sussie Ahlburg

Plus de détails

Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 08-IV-2011. Olivier Messiaen (1908-1992) : Les offrandes oubliées, méditations symphonique ; Henri Dutilleux (né en 1916) : Tout un monde lointain…, concerto pour violoncelle ; César Franck (1822-1890) : symphonie en ré mineur. Lynn Harrell, violoncelle ; Orchestre royal du Concertgebouw, direction : Ludovic Morlot.

Mots-clefs de cet article

Banniere-clefdor1-aveclogo

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.