Transgénérationnel

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Palais Garnier. 9-IV-2010. Piotr Ilyitch Tchaikovski (1840-1893) : Trio pour piano, violon et violoncelle en la mineur, opus 50 : deuxième mouvement. Thème et variations : Dessins pour six, ballet en un acte. Chorégraphie  : John Taras ; Piano  : Jean-Yves Sébillotte ; Violon  : Éric Lacrouts ; Violoncelle  : Matthieu Rogué. Léo Delibes (1836-1891) : Coppélia ou la Fille aux Yeux d’Émail, ballet en trois actes ; Chorégraphie  : Pierre Lacotte, d’après le version d’Arthur Saint-Léon. Décors : d’après les maquettes de Jean-Émile Daran. Costumes : d’après les maquettes d’Alfred Albert. Ecole de danse de l’Opéra National de Paris. Direction : Elisabeth Platel. Orchestre de l’Opéra National de Paris ; direction musicale : Marius Stieghorst.

Spectacle de l’École de Danse de l’Opéra National de Paris

Rendez-vous annuel avec l’École de Danse, le spectacle organisé cette année faisait valoir deux périodes différentes de l’histoire de l’Opéra. D’une part, un dispensable Dessins pour Six dont la chorégraphie de Taras date de 1948, et n’est pas sans rappeler les recherches de Balanchine concernant une nouvelle manière d’écrire la danse. De facture néoclassique, elle suit différents mouvements d’une musique de Tchaikovski qui se prête assez peu à la danse. Certes, une mélancolie romantique contraste avec une insouciante gaieté, ondulation dont le compositeur est coutumier, et qui peut avoir un intérêt pour la danse. Mais les jeunes danseurs manquent dans leurs pas d’ampleur, et tout est très appliqué ; il y manque cette folie et le relâché nécessaires à habiter un ballet abstrait.

La seconde partie de la soirée présentait la Coppélia de ; le chorégraphe et archéologue de la danse a ajouté de substantielles parties dans le troisième acte, dans lequel se développe le mariage de Swanilda et Frantz ; la soirée atteint donc une certaine longueur et ce seul ballet aurait réussi à contenter le spectateur avide d’évaluer le niveau des futurs engagés. Toujours est-il que l’enthousiasme du couple principal ne peut que s’incliner devant leur rôle qui nécessite une présence constante, et l’on sent à la fin du ballet la fatigue s’installer et le stress rendre de bien mauvais services. Autant on ne pouvait être que conquis par le spectacle de l’année dernière, les difficultés techniques de Coppélia laissent entrevoir la différence qu’il y a entre un élève et un danseur de la compagnie : au-delà même de la fraîcheur et de la spontanéité qui manquent, bien que s’atténuant lorsque les premières appréhensions sont passées, le souci de bien faire nuit parfois, et il aurait été souhaitable que cela soit moins scolaire et plus chaleureux. Toutefois, il s’agit d’une remarque sévère en regard des difficultés qu’ont les jeunes artistes, solistes et corps de ballet, à se frotter à leur scène, à tenir une action pendant près d’une heure et demie, et à rester toujours professionnel, malgré tout. À défaut d’une excitation innocente, l’on aura eu une représentation qui avance bien et est assez agréable.

Délicieuse adaptation de l’idée de Coppélia, complétée par une page de l’histoire de la compagnie, l’École de Danse est intégrée, de façon plutôt heureuse, dans cette transmission inter générationnelle, et les rendez-vous avec l’École restent dans tous les cas des moments importants de la saison.

Crédit photographique : Ecole de danse de l’Opéra national de Paris © David Elofer

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