Banniere-ClefsResmu-ok

Mahler, oui ! Mais pas celui de Gergiev

À emporter, CD, Musique symphonique

Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 5 en do dièse mineur. London Symphony Orchestra, dir. Valery Gergiev. 1 CD LSO Live. Réf. : LSOO664, code barre : 8 22231 16642 9. Enregistré en public les 24 et 26 septembre 2010 au Barbican Center de Londres. Hybrid-SACD. Notice trilingue (anglais, français, allemand). Durée : 70’46

 

D’un appétit musical gargantuesque le chef russe multiplie sans mesure ni pause les expériences et les engagements. Nul ne contestera ses incroyables capacités sauf à considérer qu’elles subissent de rudes coups de boutoir dus à une gourmandise qui en oublie de goûter, de déguster, à une agitation moléculaire désordonnée, déformante, à un surmenage piégeant auto-alimenté. A côté d’excellentes prestations Gergiev additionne les produits bon marché, peu médités, pas macérés, destinés à la consommation de masse peu exigeante et rarement regardante. Les symphonies de continuent, et plus que jamais, de fasciner les publics, les chefs et leurs orchestres. Les multiples exécutions de sa musique élèvent ou devraient élever le niveau d’exigence de tous les intervenants. Son œuvre l’impose totalement ! Entreprendre une gravure aujourd’hui ne peut se justifier – si l’on oublie de sombres considérations commerciales sous-jacentes – que si elle ressort d’une longue et opiniâtre démarche, forcément structurée sur des superlatifs techniques et spirituels. Cette intégrale en cours nous a réservé d’excellentes lectures (symphonies n°2, n°6 et n°8) mais aussi des disques fort peu convaincants (symphonies n°1, n°4 et n°7).

Ce nouvel enregistrement live de et du  réalisé en septembre dernier témoigne de l’impréparation, de l’absence de coordination et d’homogénéité des pupitres, de l’approximation des attaques et d’un certain opportunisme imposé par le feu de l’action. Tous ces défauts passent relativement en concert mais, l’illusion évanouie, deviennent insupportables à l’enregistrement où tous les défauts soulignés (et d’autres encore) ressortent davantage et justifient notre rejet net. Faut-il s’en réjouir ? Certainement pas. Le corpus mahlérien extraordinairement d’actualité et en phase avec notre pensée contemporaine a reçu suffisamment d’illustrations irréprochables pour que l’on puisse oublier cette version bâclée, mercantile, approximative, où l’agitation et l’épique mécanique ne trompent pas longtemps. Alors, puisque les choix abondent, revenons vers Bernstein, Haitink, Chailly, Rattle, Neumann, Barbirolli, Solti, Karajan…

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.